Candy Mountains

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Auteurs : Nikko et Benoît Bernard

Editeur : Ankama

Genre : Horreur

Résumé :

Alice est médecin, responsable d’un service de traumatologie. Plongés dans le coma, ses patients subissent une récente surmortalité, la rendant particulièrement nerveuse… d’autant que sa vie personnelle est bouleversée par un drame sourd et insupportable : sa fille Maya, qui a subi des maltraitances, doit désormais se préparer à témoigner contre son propre père. Mais c’était compter sans le terrible accident de voiture qui va les faire se réveiller emmurées dans un cauchemar bien pire encore…

Avis :

Susciter la peur est un exercice difficile. Que ce soit au cinéma, en série ou alors dans les jeux vidéo, faire peur au joueur/spectateur n’est pas donné à tout le monde et beaucoup de réalisateurs/auteurs se sont cassés la gueule proposant des visions parfois erronées de ce qu’est la peur, ou tout du moins de comment faire peur. Parce qu’il faut faire une vraie différence entre montrer des choses qui font et faire peur. Prenons un exemple tout simple, le dernier Evil Dead de Fede Alvarez est raté parce qu’il ne montre que des effets gores sans réellement inciter le spectateur à avoir peur. Contrairement à Mister Babadook de Jennifer Kent, qui lui montre des choses qui font peur avec une relation mère/fils effrayante. Bien évidemment, pour faire peur, il faut des personnages charismatiques et des relations réalistes. Ceci est d’autant plus vrai dans le domaine de la bande dessinée, qui doit trouver des ressorts différents que celui du cinéma pour éprouver son lecteur. Et si Candy Mountains, qui nous préoccupe aujourd’hui, n’est pas spécialement effrayant pour les gens rompus au genre, il n’en demeure pas moins réussi et prenant.

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Alice est une médecin dans le service de traumatologie, s’occupant de gens dans le coma. Une recrudescence de décès dans son service fait intervenir la police, pensant qu’un sociopathe sévit dans les parages, tuant les gens qui sont dans le coma. Alice doit faire front avec ce souci, mais aussi avec sa fille, qui doit témoigner contre son père qui la tabasse. Tout cela, c’était sans compter sur un accident de voitures qui va plonger mère et fille dans un coma profond. A leur réveil, les deux femmes se retrouvent dans un hôpital délabré, vétuste, où un colosse glabre s’amuse à torturer et tuer les âmes errantes de ce lieu.

Malgré un pitch de départ assez alléchant, les fans de films d’horreur vont vite sentir le vent tourner et découvrir dès les premières planches de quoi il en retourne. Mais l’intelligence de Nikko, le scénariste, c’est d’annoncer la couleur assez rapidement, afin de ne pas finir le premier tome sur un twist attendu et donc décevant. Le premier tome est assez plaisant pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il est multi-référentiel. Les accros à l’horreur retrouveront des liens avec des œuvres connues comme Silent Hill pour l’espèce de monde parallèle, mais aussi avec Reeker, film d’horreur raté mais au twist puissant et dont Candy Mountains se rapproche. La série fait aussi appel aux boogeymen comme Freddy, Michael Myers ou encore Jason, avec le Colosse, un monstre humanoïde mais terriblement violent et implacable. Il se rapproche d’ailleurs de ces monstres du cinéma grâce à une faculté de ne pas mourir facilement. Le point positif du premier tome est qu’il garde un certain mystère sur les origines du monstre, ce que malheureusement ne va pas faire le second tome, voulant donnant une raison à la vie du tueur. Cela n’était pas forcément nécessaire, même s’il sert comme ressort scénaristique en dehors de ce monde parallèle.

Au-delà de l’horreur pure que suscitent la survie et le monstre, l’histoire s’attarde sur des thèmes intéressants, comme la maltraitance infantile et les parents qui cachent bien leur jeu. On regrettera amèrement une fin bâclée dans le deuxième tome, et même si on ne s’y attend pas, la résolution file trop vite et demeure assez peu crédible. Mais la chose la plus surprenante dans ce récit, c’est la violence et le gore. Si certains comics se sont affranchis de cela comme Crossed de Garth Ennis ou encore Severed de Scott Snyder, en France, c’est bien plus difficile. Et pourtant, Candy Mountains est violent et bien trash avec des mises à mort gores et faisant pâlir certains de nos tueurs préférés, allant même jusqu’au torture-porn, en atteste la scène d’intro du premier tome. Et franchement, ça fait vraiment du bien de retrouver cela dans un BD française.

Par contre, petit bémol sur les dessins qui font très manga. Et malheureusement, pour une œuvre aussi mature, parfois le design shonen n’est pas forcément approprié. On notera aussi un coup de crayon un peu trop informatisé et c’est assez dommage. Enfin, on pourra parfois râler contre des personnages trop ressemblants, comme Maya et Anthony que l’on pourra confondre, surtout dans le deuxième tome, ou encore entre le père d’Anthony et un flic de garde.

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Au final, Candy Mountains reste tout de même une œuvre à part dans le sillon des BD franco-belges. Très gore et ne s’octroyant quasiment aucune limite, que ce soit dans les mises à mort ou dans les victimes des meurtres, cette série se lit très vite (peut-être trop) et fera plaisir aux fans d’horreur. Il est juste dommage que le deuxième tome enlève du mystère sur le monstre et que le dessin soit parfois un peu trop typé manga. Bref, une série que l’on conseille fortement tout de même, malgré des scories sur lesquelles on peut passer outre.

Note : 15/20

Par AqME

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