octobre 26, 2020

La Prochaine Fois Je Viserai le Coeur

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De : Cédric Anger

Avec Guillaume Canet, Ana Girardot, Jean-Yves Berteloot, Patrick Azam

Année : 2014

Pays : France

Genre : Policier

Résumé :

Pendant plusieurs mois, entre 1978 et 1979, les habitants de l’Oise se retrouvent plongés dans l’angoisse et la terreur : un maniaque sévit prenant pour cibles des jeunes femmes.
Après avoir tenté d’en renverser plusieurs au volant de sa voiture, il finit par blesser et tuer des auto-stoppeuses choisies au hasard. L’homme est partout et nulle part, échappant aux pièges des enquêteurs et aux barrages. Il en réchappe d’autant plus facilement qu’il est en réalité un jeune et timide gendarme qui mène une vie banale et sans histoires au sein de sa brigade. Gendarme modèle, il est chargé d’enquêter sur ses propres crimes jusqu’à ce que les cartes de son périple meurtrier lui échappent.

Avis :

« La prochaine fois, je viserais le cœur« , derrière ce titre poétique se cache un thriller très noir qui relate les dernières semaines avant l’arrestation de Franck Neuhart, plus connu sous le nom du tueur de l’Oise.

Habitant à quelques kilomètres des lieux des événements, l’histoire de Frank Neuhart m’intéressait au plus haut point, puisque c’est une histoire dont j’ai beaucoup entendu parler et voir ce drame sur grand écran pouvait laisser espérer un grand film, tant l’histoire et le personnage sont atrocement cinématographiques. Je me suis donc déplacé avec beaucoup de curiosité et d’envie et j’en ressors partagé entre le sentiment d’avoir vu un bon film, mais aussi la déception d’avoir vu un film très académique qui manque d’implication et d’horreur…

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Oise, hiver 1978, cela fait quelques temps que le département vit dans l’horreur. Un homme tue des autostoppeuses au hasard et il ne laisse aucune trace. La gendarmerie, comme la police, piétinent et se trouvent impuissantes face à la discrétion de ce tueur implacable. Ce tueur, c’est Franck Neuhart, l’un des meilleurs gendarmes de la région. Frank est un homme discret, qui aime la droiture et son métier, mais dans l’ombre, c’est un homme trouble, tourmenté et qui est atteint de violentes crises de démence qui l’emmène sur les routes de l’Oise à la recherche de jeunes femmes qui pourront malheureusement assouvir sa soif de sang.

Troisième clap pour Cédric Anger qui après « Le tueur » et « L’avocat » revient en cette fin d’année avec le portrait de cet homme troublant qui sombre peu à peu dans cette folie meurtrière. C’est sans jugement aucun que le réalisateur nous présente Franck Neuhart, ce gendarme qui a fait couler tant d’encre à la fin des années 70. Pour son film, Cédric Anger va faire très simple (trop simple même), en se basant sur les faits et les récits pour nous dresser un portrait froid, au regard vide, et à la psychologie des plus flippantes et passionnantes.

« La prochaine fois, je viserais le cœur » est un film d’ambiance. Le réalisateur n’a pas lésiné sur les moyens pour nous offrir le film noir de l’année et l’univers du film est impeccable. À la découverte du film, on ne peut qu’être pris dedans. Surtout après cette ouverture de film terrifiante. On notera aussi pour sublimer l’ambiance du film, une très jolie bande originale qui donne bien la note, assombrit encore plus le film. Une bande originale simple et discrète qui fonctionne bien. Elle apporte ce qu’il faut de tension. Mais voilà, si l’univers est particulièrement réussi, le film reste sans surprise. Cédric Anger ne prend aucun risque et propose un film trop linéaire pour arriver à nous surprendre. L’intrigue est atroce, le personnage passionnant, mais à la place de vraiment nous transporter dans la tête de ce tueur, et dans ce qui pousse ce gendarme à commettre à plusieurs reprises l’irréparable et de manière complètement abrupte avec besoin et dégout après ces meurtres, Cédric Anger nous propose un récit très survolé. Le film se suit donc sans vraiment d’accroche. On reste simple spectateur et malgré des scènes bien tournées, certaines ayant une excellente tension, le tout dans sa psychologie reste trop survolé, voir scolaire et déjà vu. Alors qu’on aurait aimé quelque chose de plus subtil, de moins simple et de plus touchant aussi, car à aucun moment, je n’ai été touché par cet homme. Après le film passe quand même assez, et comme l’histoire en elle-même reste dans un sens passionnante, le film donne envie d’aller jusqu’au bout et de savoir comment cet homme a été arrêté et de voir l’onde de choc s’abattre sur ses collègues, amis et sa famille.

Pour incarner ce tueur aussi complexe que violent, le réalisateur a fait appel à Guillaume Canet et le comédien s’avère assez stupéfiant de par la froideur de son visage, les traits de son visage, sa démarche, on sent que le comédien a bossé son rôle et il est convaincant. Et c’est dommage que le réalisateur n’ait pas plus soutenu la psychologie de son personnage, car il y avait vraiment de quoi rendre le film passionnant. Par contre, le petit défaut de ce personnage, et du coup de son acteur, c’est qu’il est si charismatique, qu’il en éclipse un peu les autres acteurs, qu’il renvoie presque au rang de figurants et malgré les bons noms qui peuplent le film, on ne voit que Canet et l’on n’a que Canet en tête à la sortie de la salle.

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« La prochaine fois, je viserais le cœur » est donc un bon film dans l’ensemble, mais il aurait mérité un traitement plus approprié et moins linéaire. Alors qu’il y avait tout pour que le film soit terrible, et que l’on ressorte de la salle bouleversé, le film de Cédric Anger ne sera que bon. C’est donc à voir pour les curieux qui veulent en savoir plus sur cette histoire malheureusement connue, vous ne passerez pas un mauvais moment. Mais si bon soit ce moment, le film ne sera pas un indispensable de l’année.

Note : 12/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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