octobre 29, 2020

Undead

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De : Peter et Michael Spierig

Avec Felicity Mason, Mungo McKay, Rob Jenkins

Année: 2003

Pays: Australie

Genre : Horreur, Comédie

Résumé:

Berkeley, un paisible village australien de pêcheurs, ses gentils habitants, son golf, son lac… Un cadre idyllique jusqu’à ce qu’une pluie de météorites transforme tout être vivant en créatures assoiffées de sang.
C’est le moment que choisit Rene, beau brin de fille, pour rejoindre la grande ville et tenter une autre vie. Rapidement, elle se retrouve prise en chasse par une bande de zombies affamés de chair fraîche.
Seul refuge, la ferme de Marion, l’illuminé du village convaincu d’être en mission pour sauver l’humanité. Très vite, ils sont rejoints par un jeune couple et deux policiers qui ont échappé à l’épidémie. Ces six survivants sont-ils le dernier espoir pour sauver la Terre ?

Avis :

Dans l’horizon cinématographique de genre, il ne faut pas oublier les mélanges. En effet, le film d’horreur semble être le dernier bastion où l’on peut balancer des choses tout en y mettant un peu ce que l’on veut. Par exemple, Blood Island dénonce pas mal de problèmes sociétaux tout en montrant une violence presque justifiée. Shaun of the Dead quant à lui, montre une facette délirante du film de zombie tout en montrant qu’un looser peut être un héros. Et on peut trouver des exemples comme ceux-ci à la pelle. Mais celui qui m’a peut-être le plus marqué en tant qu’inventivité dans un mythe déjà vu et revu, c’est Daybreakers, par une approche intelligente du vampire. Mais bien avant ce film, les frères Spierig avait plus ou moins marqué les esprits avec une comédie horrifique mélangeant zombies, rednecks et extraterrestres, tout un programme. Undead fait figure d’ovni dans les films de zombies, par un choix scénaristique hallucinant, mais aussi par un ton assez décalé. Seulement, le film mérite-t-il une bonne place dans sa vidéothèque ? A force d’essayer de faire et de faire peur, le film trouve-t-il le bon ton ? On fixe son bob sur son crâne, on chausse les bottes, on va dans le bayou australien.

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Ca ne doit pas être pratique pour viser…

En mettant la galette dans mon lecteur, je m’attendais à un film de zombies des plus classiques, sans penser un seul instant que cela serait une comédie en plus d’être un film gore. Mais on ressent très vite le parti pris humoristique, avec des gros plans sur les visages, la présentation de plusieurs rednecks, et surtout, la présentation de la Miss pèche locale. De plus, la pluie de météorites demeure l’un des moments les plus cons que l’on puisse voir, avec des effets spéciaux relativement mauvais et un passage gore des plus débiles. Pour la petite histoire, on se retrouve dans une petite ville d’Australie où va se dérouler un concours de pêche. Sauf que sur place, une pluie de météorites transforme tout le monde en zombies. Notre héroïne n’a pas trop le choix et se réfugie dans la première maison qu’elle voit. Elle tombe sur Marion, l’illuminé du village qui se croit investit d’une mission, débarrasser la terre de tous les zombies, être le délivreur de la planète. Force est de constater que malgré son look improbable, il reste très efficace. C’est alors qu’arrive un flic colérique en chaussettes hautes et son adjointe, ainsi qu’un couple avec une femme enceinte, qui est la rivale de l’héroïne dans le concours de miss. Tout ce petit monde va s’organiser pour se sortir de ce pétrin. Sauf qu’en même temps, des pluies acides tombent et que des enlèvements, via une lumière bleue apparaissent. Et lorsque nos compères se rendent compte que la ville est sous quarantaine, c’est la panique. Voilà le pitch de départ, assez mystérieux, mélangeant un peu tout ce que l’on voit dans le cinéma de genre.

Si le film n’est pas mauvais, loin de là, je reste tout de même assez dubitatif sur sa portée et sur son parti pris. En effet, o voit de suite l’envie de faire un film drôle, voir burlesque et d’y ajouter une touche de suspens avec des monstres, des enlèvements, et des effets très gores. Il s’agit là de l’occasion de s’amuser et c’est un peu le sentiment que j’ai eu. En gros, les deux frères se sont fait plaisir avec ce film et je n’ai jamais eu le sentiment d’être convié à la partie. D’autant plus que le film ne trouvera jamais une seule fois le bon ton. Les coupures sont trop nettes. Par exemple, avec Shaun of the Dead, le rendu est très fluide et la drôlerie est constante. Avec Undead, c’est plus haché, car on va avoir une scène drôle, suivi d’une scène plus angoissante, et on ne sait jamais sur quel ton se positionner. Après, techniquement, le film montre bien que les deux frères sont assez talentueux et qu’il possède des références plutôt sympathiques, comme Tarantino par exemple. L’ambiance générale du film reste bon enfant, malgré des effets gores et quelques personnages fort déplaisant, comme ce maudit policier qui se croit au-dessus de tout le monde et dont la voix en version française est juste agaçante.

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Ce n’est pas trop emmerdant pour marcher ?

Le plus gros défaut du film va venir des acteurs et des actrices. En effet, visiblement, ils ne savent pas, eux non plus, dans quel registre se situer. Prenons en premier exemple l’héroïne, qui reste bien foutu, mais qui a une sale gueule. Durant tout le film, on a l’impression qu’elle est au bord de la crise de rire, et elle demeure vraiment peu crédible dans son rôle, notamment dans le supermarché où elle devient une véritable tueuse de zombies à grands coups de scie circulaire accrochée à un manche à balai. En deuxième exemple, on pourra citer Marion, le gros balèze, qui a déjà un look improbable, entre sa salopette de jardinier, son chapeau de pèche, sa barbe de trois jours et ses dent de travers, mais en plus, il n’est pas du tout crédible, n’étant pas assez charismatique. On a du mal à voir en lui le gros bourrin de la bande. Vient ensuite le pire de tous, le chef de la police, petit roquet arrogant qui devient vite insupportable. L’acteur surjoue à fond, tout comme la femme enceinte, et on voit toutes ces faiblesses d’acteurs lors de la scène où ils se retrouvent enfermés dans la cave de Marion. Le reste du casting est du même acabit, pas assez charismatique ou doué, et on remarque cela très rapidement, notamment lors de l’introduction, avec le mec qui veut se faire l’héroïne et qui mâche son chewing-gum comme une grosse vache. Bref, tout cela n’est pas fait pour nous faire entrer dans l’histoire.

Par contre, il faut applaudir les différents effets qui sonnent comme un petit hommage à Braindead. Profondément mal foutu pour certains passages, comme lorsque les zombies se relèvent ou lorsqu’une tête est arrachée, le film recèle quelques petites pépites comme un mec coupé en deux dans le sens de la hauteur ou encore un type coupé en deux et qui se retrouve les tripes à l’air. Alors bien évidemment, tout cela baigne dans l’opulence et on n‘y croit pas une seule seconde, mais cela donne un petit côté amusant. Certains passages restent quand même bien lourdauds comme lorsque le fameux Marion sort des flingues alors qu’il est nu comme un ver et que le type lui balance : « Mais d’où tu sors ça ? », ou encore lorsque le toujours grand Marion enfonce une canette de sodé secouée dans la bouche d’un zombie et lui balance un stylo bille et que la mine de ce stylo touche la canette et la fait exploser. Bref, il y a des passages agréables et des passages qui vont plus souffler de dépit qu’autre chose. Et le film est tout le temps comme cela, ce qui est bien dommage. Bien entendu, la fin reste assez grotesque elle aussi, et la présence des extraterrestres, avec leur sale tronche n’est pas un atout pour autant.

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Quoi ? C’est moi l’héroïne ? T’es sûr ?

Au final, Undead fait figure d’ovni dans le sillage des films de zombies. Véritable fourre-tout ayant le cul entre deux chaises (mais je rappelle que c’est moins douloureux que d’avoir deux chaises dans le cul), le métrage ne trouve jamais sa voie et perd un peu le spectateur dans des scènes inutiles ou improbables. C’est bien dommage car il y avait de l’idée et certains moments son tout de même assez funs. Bref, un film moyen, qui fait passer le temps et qui ne montre pas l’Australie sous son meilleur jour.

Note : 12/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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