octobre 28, 2020

Shaka Ponk – The Black Pixel Ape

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Avis :

Dans le domaine du rock français, rares sont les groupes qui arrivent encore à sortir du lot et à passer à la radio. Shaka Ponk aura mis du temps avant de se faire connaître du grand public, tournant beaucoup et ayant fait ses preuves sur scènes. Pas la peine de revenir sur le passif du groupe que vous pouvez retrouver dans la critique du précédent album, The White Pixel Ape. Néanmoins, pour bien marcher, il faut vendre et la vente de disques n’est pas au beau fixe, que ce soit pour le métal, le rock ou même le rap. Avec l’avènement du téléchargement illégal, il a fallu que les groupes trouvent des idées pour attirer du monde avec des concepts nouveaux. Après Green Day et son trio d’albums ou encore Stone Sour et son diptyque House of Gold and Bones, Shaka Ponk suit la mouvance et sort deux disques cette année, essayant de proposer deux albums différents. Alors que The White Pixel Ape a eu du mal à nous convaincre à cause d’une propension à utiliser de l’électro sur quasiment tous les morceaux ainsi qu’une chanteuse à la voix criarde insupportable, The Black Pixel Ape, se voulant plus sombre est en fait plus sobre et demeure bien plus convaincant que son frère aîné.

Le skeud démarre avec One the Ro’ et c’est un titre efficace. Les riffs sont agressifs, le refrain rentre bien en tête et surtout, l’électro n’est quasiment pas présent. Tous les ingrédients sont réunis pour fournir un vrai titre hard rock, entrainant et sympathique. D’ailleurs, d’autres morceaux de cet album seront dans la même veine. On peut noter The Way Out qui flirte avec le rock et par moments avec le ska, mais qui possède un vrai rythme rapide et surtout qui montre toute la maestria des musiciens. A ce stade, on peut dire que le groupe rivalise avec d’autres formations américaines et cela est très intéressant. Frag Dog est tout aussi bon, allant chercher du côté du rock et du punk rock avec une rythmique particulière et des riffs bien sentis. Le morceau est court, mais il va droit au but et ne s’embête avec des insertions qui n’auraient servi à rien. Enfin, on peut aussi noter Happy Ape Rodeo, qui possède des inserts électro, mais qui sont savamment distillés, laissant libre court aux guitares et à la batterie, ne mettant que l’électro que lorsque c’est nécessaire et pour combler certains trous, notamment après un refrain. Mais là où le groupe surprend vraiment, c’est dans un final détonnant avec trois titres très forts et très énergique. Yell entame ce rail final dans un rythme infernal, où les riffs flirtent dangereusement avec le métal, proposant un morceau vraiment efficace et bien loin des morceaux habituels du groupe comme le lénifiant et insignifiant My Name is Stan. 4xGet calme un peu le jeu en tirant vers le rock mais toujours avec des riffs percutants en intro (rappelant the Knicks) et surtout avec un refrain qui rentre immédiatement en tête. Enfin, Morir Cantando, long morceau de près de six minutes est une parfaite tuerie avec une intro toute douce, qui va partir en vrille, proposant quelque chose de puissant et qui tient sur toute la longueur, alternant des phases rappées avec d’autres moments plus nerveux. L’autre point positif, et c’est pour l’ensemble du skeud, le fait d’utiliser de l’espagnol est intéressant, la langue se prêtant vraiment au rock.

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Néanmoins, tout n’est pas excellent dans l’album et certains titres font pâle figure. Le premier exemple que l’on pourrait citer est The Shell Maid Freak, un morceau rock mais sans réel rythme, mou et qui n’a pas vraiment d’intérêt, se posant là comme un morceau bouche-trou. Ensuite, Lucky Boy, qui fait écho à Lucky Girl qui précédent effort, est bien trop transparent, ne partant jamais et restant sur la même ligne de ton. D’autant plus que la voix de Frah est vraiment insupportable, partant trop dans les aigues et ne faisant passer aucune émotion. Mais finalement, le pire titre du skeud est réellement Mocks the Party, un morceau totalement électro mais qui, même dans ce domaine, sera mauvais. C’est-à-dire que dans un skeud qui se veut plus sombre que le précédent, il faut soit quelque chose de lourd, soit quelque chose de puissant. Or, ce titre ne décollera jamais, restant sur le même rythme, ne partant jamais dans des rythmes effrénés et l’auditeur va attendre jusqu’à la fin du morceau qui se révélera pénible et brouillon. D’autant plus qu’il n’a pas vraiment de légitimité au sein de cet album plus rock.

Au final, The Black Pixel Ape est un album bien plus réussi que le précédent. Laissant plus de place au rock et aux riffs des guitaristes, Shaka Ponk livre un effort un poil plus sombre que The White Pixel Ape mais surtout plus puissant et sans des scories électros polluant une qualité indéniable des musiciens. Bref, un album bien plus conseillable que celui d’avant et qui redonne espoir quant à l’avenir du groupe, essayant d’être tout de même moins commercial.

  1. One the Ro’
  2. Come On Cama
  3. The Shell Maid Freak
  4. The Way Out
  5. Lucky Boy
  6. Frag Dog
  7. Mocks the Party
  8. Happy Ape Rodeo
  9. Time Has Come
  10. Kitty Call (Hidden Track)
  11. Yell
  12. 4xGet
  13. Morir Cantando

Note : 15/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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