Macbeth

257410.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

De : Orson Welles

Avec Orson Welles, Roddy McDowall, Jeanette Nolan, Dan O’Herlihy

Année: 1948

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

Macbeth, poussé par sa femme et dévoré d’ambition, assassine le roi d’Ecosse, Duncan, et monte sur le trône. Trois sorcières avaient prédit qu’il deviendrait roi puis que lui succèderait Banquo, l’un de ses proches. Pour conserver le pouvoir, Macbeth ordonne le meurtre de Banquo, mais le fils de celui-ci parvient à s’enfuir. Lors d’un banquet, le spectre de Banquo réapparait. Macbeth effrayé décide de tuer son lieutenant Macduff, qui s’enfuit aussi. Macbeth assassine sa femme et ses enfants. Lady Macbeth, devenue folle, se suicide. Une armée est en marche sur le château où Macbeth est reclus.

Avis:

Le théâtre inspire de plus en plus le cinéma. Si en France cela se fait depuis les années 70/80 avec les films de la troupe du Splendid ou encore plus récemment avec les films mettant en scène le personnage de François Pignon, c’est bien plus tôt que cela se fait aux States. Et les inspirations sont très ciblées, notamment avec Shakespeare qui plait à beaucoup de réalisateurs et de comédiens. Parmi les œuvres du célèbre écrivain, Macbeth est celle qui sera surement la plus reprise et la plus étudiée. Et pour appuyer ce propos, il suffit de regarder le nombre de film sur Macbeth, puisqu’il y en a 23 pour l’instant. Et le film d’Orson Welles, datant de 1948, est la sixième adaptation de la célèbre pièce. Doté d’un budget minime et tourné en 23 jours, ce Macbeth reste une œuvre majeure pour son cinéaste mais aussi pour le septième art en général, montrant qu’il suffit de peu pour faire quelque chose de resplendissant.

macbeth

Il semble inutile de revenir sur cette histoire de conspiration pour avoir le trône de roi d’Angleterre, mais il faut savoir que le scénario est assez mystique et qu’il fait la part belle au délire psychologique, aux remords et à la folie. Relativement ambitieux, le film aurait nécessité beaucoup d’argent, mais à l’époque, personne ne veut donner de l’argent à Orson Welles, alors qu’il est très connu et reconnu. C’est avec 700 000 dollars en poche que le célèbre réalisateur va faire son film, qui sera un échec commercial malgré le faible cout. Mais quand on regarde l’œuvre de plus près, elle semble être un exemple de savoir-faire et démontre que malgré un petit budget, un réalisateur talentueux peut faire des merveilles.

Le début du film est très mystique. On y croise trois sorcières qui prédisent un avenir incertain, mais qui laissent entendre que Macbeth deviendra roi d’Angleterre. L’atmosphère est brumeuse, on ressent un profond malaise et on se demande si le film ne va pas partir vers le fantastique voire l’horreur. Et cette ambiance sera lourde tout au long du film, explorant les remords, allant jusqu’à la folie, pour le meurtre d’un homme et la perfidie d’une femme. Orson Welles est un immense cinéaste et il le prouve avec des plans sublimes et sublimés avec un éclairage parfait et une recherche profonde de plans significatifs. Il suffit de voir les deux amoureux s’embrasser avec le pendu en arrière-plan pour comprendre que cet amour est intéressé et va mener les deux protagonistes à une mort certaine. Et malgré le budget, certaines scènes sont vraiment prenantes, avec notamment le passage de l’armée d’Ecosse qui se fait passer pour une forêt afin de masquer son nombre. Il n’y a pas à dire, seul un grand cinéaste est capable de fournir de telles images.

Néanmoins, tout n’est pas parfait dans le film et il peut paraître assez obscur pour le spectateur d’aujourd’hui. A commencer par l’histoire en elle-même. Certes, il y est question de trahison et de meurtre, ainsi que de culpabilité amenant à la folie, mais cette prise de conscience de la part du personnage principal peut sembler bien futile et aller trop loin. Ensuite, venant des décors, on a du mal à donner un repère spatial et temporel au film, ce qui peut perdre un peu celui qui découvre l’œuvre. Puis le vocabulaire utilisé est très difficile d’accès. Entre des termes spéciaux, des espèces de chansons ou de poèmes récitées, le film reste assez opaque et cela peut nuire à la compréhension générale. Enfin, dernier point noir, le film est très lent, le rythme est assez lénifiant, s’appuyant justement sur des dialogues et des questionnements parfois un peu lourds. On pourra aussi pester sur la place de la femme, qui occupe ici le rôle de méchante, la voix de la perfidie, et qui n’aura aucune once de remord, montrant ainsi sa force, mais aussi sa faiblesse. Bien sûr, Orson Welles est exceptionnel dans le rôle de Macbeth, complètement habité par le rôle.

Orson Welles Macbeth

Au final, Macbeth de Orson Welles est une œuvre singulière, qui peut paraitre assez difficile d’accès mais qui reste un film à découvrir pour tout cinéphile averti. D’autant plus que la remasterisation de Carlotta est tout juste sublime, donnant un noir et blanc excellent et surtout, surtout, le bluray est rempli jusqu’à la moelle de bonus inédit et très instructif sur Macbeth, mais aussi sur Welles et sur le film en lui-même. Le coffret avec Macbeth et Othello de Welles semble être un achat impératif quand on voit la qualité du produit et la tonne de bonus.

Note: 15/20

Image de prévisualisation YouTube

Par AqME

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net