octobre 27, 2020

Haute Tension

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De : Alexandre Aja

Avec Cécile de France, Maïwenn, Philippe Nahon, Oana Pellea

Année : 2003

Pays : France

Genre : Horreur

Résumé :

Marie, une étudiante de vingt ans, révise ses examens dans la ferme isolée des parents de sa meilleure amie. En l’espace d’une nuit, un tueur, qui ignore son existence, assassine à tour de rôle les membres de cette famille…

Avis :

Durant la fin des années 90 et le début des années 2000, le cinéma de genre français était à l’agonie. Il faut dire qu’il n’a jamais été au beau fixe mais on avait eu droit à quelques fulgurances et à quelques noms comme Jean Rollin. C’est en 2003 qu’arrive alors un film coup de poing, qui va renverser la vapeur, mettant en avant un savoir-faire incroyable et surtout une capacité à aller au-delà de ce qui a déjà été fait en France. Alexandre Aja est le fils d’Alexandre Arcady et il a baigné dans les pantalons de papa lors des tournages. Après un Furia mou du genou mais pas inintéressant, il confronte le public à Haute Tension, un film d’horreur frontal qui va la propulser devant les grandes pontes d’Hollywood. Plus de dix ans après, le film est toujours aussi efficace et il reste le film d’horreur étranger le plus vu aux Etats-Unis. Alors pourquoi un tel succès ?

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Encore quelqu’un qui n’a pas prévu un tampon…

L’histoire de départ est très simple. Deux jeunes filles partent dans la ferme isolée des parents de l’une d’elle pour étudier. Seulement, la nuit venue, un mystérieux tueur fait irruption et tue toute la famille, emportant avec lui la fille aînée. Sur le papier, le pitch est d’une simplicité incroyable, mais parfois aller à l’essentiel est un propos salvateur. Ainsi, Alexandre Aja offre un métrage vraiment rythmé, ne laissant au spectateur aucun répit. Alors que d’habitude les films d’horreur français essayent sans arrêt de mettre des propos auteurisants ou des messages écologiques, sociaux ou politiques, Haute Tension ne s’embête pas avec cela et propose juste un film d’horreur linéaire mais burné.

La mise en scène du jeune réalisateur est exemplaire, ne lésinant pas sur le gore et sur les plans chocs. On notera des références largement digérées, notamment lors de la scène où la mère se fait saigner avec un point de vue en travers d’un placard, faisant irrémédiablement écho à Halloween, la Nuit des Masques de John Carpenter. Le sadisme de certains meurtres peut aussi rappeler un certain Massacre à la Tronçonneuse de Tobe Hooper, notamment le coup de la hache où le tueur appuie sur le corps pour enfoncer un peu plus la lame. Sauf que toutes ces références sont savamment mises en scène, permettant à Alexandre Aja de s’éloigner de ses maîtres afin de présenter quelque chose de salvateur pour le cinéma de genre français.

Le plus gros défaut du film va venir de son retournement de situation final. Non pas qu’il soit mauvais ou mal pensé, mais il semble in fine assez inutile. On peut comprendre la volonté de surprendre le spectateur avec un twist qui peut donner un élément de réponse, mais quand on s’attarde sur une deuxième vision, on peut aussi détecter quelques coquilles parfois un peu gênantes. Ainsi, à cause de ce retournement, certaines scènes paraissent bien maladroites comme la fameuse course-poursuite sur fond de Muse. Si certains diront que ce passage ne se passe pas vraiment, comment expliquer les blessures d’une des deux protagonistes ? Alors effectivement, on peut passer outre, ce qui ne nuit pas du tout à l’ensemble du film et à sa profonde réussite, mais on peut se demander si ce twist était vraiment nécessaire.

D’un point de vue casting, le film propose deux actrices dans des rôles qui deviendront par la suite des contre-emplois. Si les deux nanas renient ce film, le qualifiant d’erreur de jeunesse, on peut aisément dire qu’elles n’ont rien compris au cinéma, à son ouverture d’esprit. Cécile de France joue un personnage intéressant, bien plus énigmatique que sa compagne. On pourra peut-être regretter son manque de charisme, mais finalement, elle se révèle sur la fin, notamment dans la scène de la serre avec son arme au fil barbelé. Maïwenn joue la victime et possède un bon capital sympathie, surtout qu’elle reste crédible dans les scènes de terreur comme la voiture sur la fin. Enfin, on pourra applaudir la prestation sans faille de Philippe Nahon, qui joue un psychopathe comme personne et qui reste hautement charismatique.

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Donne moi ce couteau tu vas finir par blesser quelqu’un !

Au final, Haute Tension est une vraie réussite et encore aujourd’hui une jolie démonstration dans la maîtrise de faire surgir l’angoisse et la peur. Doté d’une mise en scène exemplaire et avec des effets gores sans concession, le film est toujours aussi efficace et montre tout le talent de son réalisateur qui n’a plus rien a prouvé aujourd’hui. Un coup de maître et ce n’est pas pour rien que les américains sont raides dingue de ce film.

Note : 17/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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