octobre 27, 2020

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De : Tobias Lindholm et Michael Noer

Avec Pilou Asbaek, Dulfi Al-Jabouri, Rolland Moller, Jacob Gredsted

Année : 2010

Pays : Danemark

Genre : Drame

Résumé :

Rune est un jeune criminel qui vient d’arriver en prison. Il découvre ce nouveau monde régi par les codes et les missions à exécuter. Réduit à néant, il n’est désormais qu’un numéro, que la lettre R. Dans sa quête de survie, il rencontre Rachid, un jeune musulman, avec lequel il met en place un trafic qui lui permet d’être désormais respecté. Mais leur réussite suscite la convoitise d’autres détenus, qui ne tarderont pas à leur faire savoir.

Avis :

Le Danemark regorge déciment de très bons réalisateurs. Son cinéma est varié, réaliste et bien souvent les films que je découvre venant de ce petit pays sont de belles claques. On peut compter sur des cinéastes tels que Thomas Vinterberg, réalisateur de « La chasse« , Nicolas Winding Refn avec son « Drive » par exemple, ou encore Lone Sherfig (« Une éducation« ), Marius Holst (« Les révoltés de l’île du diable« ) ou encore le duo Joachim Rønning, et Espen Sandberg avec les excellents « Kon Tiki » et Max Manus. Et au milieu de tous ces beaux talents, et j’en oublie surement, (oui Lars Von Trier et Susanne Blier) on va pouvoir rajouter Tobias Lindholm et Michael Noer, qui réalise avec « R » un premier film marquant sur l’univers carcéral. Un film sans concession, prenant, qui ne m’a pas lâché jusqu’à son générique de fin.

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Rune est un jeune homme qui vient d’entrer en prison pour y purger une peine de deux ans pour avoir poignardé une personne. Rune n’est clairement pas un dur et la prison n’est clairement pas faite pour lui, surtout que l’homme qu’il a poignardé est un des membres d’une des fratries de la prison. Désormais livré à lui-même, il va très vite devenir la chose d’un gang, jusqu’où jour où il va découvrir de quoi monter un petit trafic et enfin se faire respecter. Mais qui dit respecter en prison dit aussi des nouveaux ennemis et sa survie n’est peut-être pas si assurée que ça.

« R » est un premier film sorti discrètement dans les salles au début de cette année et qui n’a pas fait trop de bruit. Resté peu de temps à l’affiche, il n’a fait qu’un peu plus de dix mille entrées et pourtant, je trouve que ce petit bijou aurait mérité bien plus.

Des films sur l’univers carcéral, il en existe beaucoup, le sujet étant une mine d’argent pour les réalisateurs du monde entier qui s’y intéressent régulièrement. De Jacques Audiard et son « Un prophète« , en passant par Alan Parker à la fin des années 70 et son cultissime « Midnight Express » et cette année aussi où David Mackenzie a enfermé dans une taule Jack O’Connell avec le génial « Les poings contre les murs« , c’est un genre que j’aime bien et j’étais heureux de pouvoir non seulement découvrir un nouveau film dans ce style, mais aussi venant de ce pays dont j’aime le cinéma et on peut dire que les deux réalisateurs ont très bien réussi leur coup en s’appropriant le style et en nous offrant une histoire assez neuve, originale et en même temps déjà vue.

L’approche du film parait très documentaire, avec une photographie glaciale, et c’est ce que j’ai apprécié dans ce film. L’intrigue, même si elle reste romancée, dégage, avec la force de la mise en scène, quelque chose de très spontané, de très vrai et c’est ce qui fait, je trouve, la belle réussite de ce film. Car si l’intrigue est déjà vue, l’ambiance particulièrement réaliste est bien prenante, les décors font froid dans le dos, l’intrigue va directement à l’essentiel, et la musique est inquiétante, et puis toutes les gueules de la prison, une fois le film lancé, notre curiosité et le talent des deux réalisateurs nous pousse à aller jusqu’au bout de son histoire sans aucun problème. À la rigueur, on peut dire que le film passe trop vite et j’en aurais bien repris un petit quart de plus. Le film est donc dur, avec des scènes pas si violentes que ça visuellement, mais psychologiquement, les deux réalisateurs arrivent à faire leur effet. Quand on regarde « R« , on n’est pas en sécurité pour son personnage principal. Oui parce que même si c’est un salaud, j’ai trouvé Rune attachant, et j’avais envie tout le long du film qu’il s’en sorte.

Le film repose presque entièrement sur les épaules de Pilou Asbæk, jeune acteur de trente-deux ans, qui m’est inconnu, et qui tiendra le haut de l’affiche du prochain film de Tobias Lindholm, « Hijacking » dont j’en entends que du bien, est complètement investi dans le rôle. Sympathique d’emblée, il aiguise notre intérêt pour son histoire et va s’avèrer être touchant dans sa descente en enfer et son envie de survivre à la prison. L’acteur est bon dans le rôle et je dois dire que je ne retiens que lui, malgré d’autres rôles et acteurs forts, le personnage de Rune m’a conquis, presque passionné.

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C’est donc une très belle réussite de la part de Tobias Lindholm et Michael Noer pour leur premier film. « R » est un film prenant, dur, et réaliste, qui confirme encore une fois, si besoin est, toute la force et la qualité de nos amis du Danemark. Sans être le meilleur film sur l’univers carcéral que j’ai pu voir, il est vrai qu’il atteint facilement le haut du panier et c’est bien dommage qu’il soit passé si inaperçu au moment de sa sortie en salles. « R » est donc un laissé-pour-compte de 2014 qu’il faudrait voir.

Note : 15/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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