décembre 2, 2020

Lolita

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De : Stanley Kubrick

Avec James Mason, Shelley Winters, Peter Sellers, Sue Lyon

Année : 1962

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame

Résumé :

Durant l’été, dans la petite ville de Ramslade, Humbert Humbert, un professeur de lettres divorcé et séduisant, loue une chambre dans la maison de Charlotte Haze, une matrone éprise de culture. Celle-ci essaie de séduire Humbert, mais ce dernier se montre beaucoup plus attiré par la juvénile Lolita.

Avis :

Les premiers films qui viennent à l’esprit quand on cite Stanley Kubrick sont forcément ses plus connus ou ses plus subversifs. On peut citer Shining de par son ambiance, Full Metal Jacket de par sa scène du sniper ou encore Orange Mécanique qui fait encore tant parler de lui. Après Les Sentiers de la Gloire, film magistral et humaniste sur la Première Guerre Mondiale, Kubrick change complètement de registre et propose Lolita, adapté de Nabokov. La rupture est radicale entre les deux films, n’ayant aucun point commun. Mais quand on connait le génie du réalisateur, on sait que l’on va être face à un film possédant une sacrée mise en scène et un message assez sulfureux. Mais d’un autre côté, nous ne sommes jamais à l’abri d’une déception, comme pour 2001 l’Odyssée de l’Espace qui l’un des films qui m’a le moins lu dans sa carrière. Lolita n’est pas parfait, il peut paraitre même long, mais le film possède des atouts indéniables.

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L’histoire est assez simple, mais elle soulève pas mal de questions. Humbert Humbert est un traducteur de poèmes. Il devient professeur de lettres par la suite et est envoyé à Ramsdale. Dans cette petite ville, il va louer une chambre chez Charlotte Haze, qui tombe amoureuse de lui. Malheureusement, le professeur semble bien plus attiré par la fille de madame Haze, Dolorès, alias Lolita. Le pitch de départ laisse supposer une romance interdite entre deux personnes freinées par la différence d’âge. Mais ce qui aurait pu s’avérer chiant comme la pluie va devenir plus intéressant, car le traitement des personnages va complètement changer la donne d’un point de vue scénaristique.

Partant de la romance, le film dévie rapidement vers le drame pur et dur, notamment à cause du professeur, qui vrille petit à petit pour être complètement obsédé par Lolita. Ainsi, Kubrick va jouer sur deux tableaux, laissant le spectateur sur un sentiment mitigé entre les vrais sentiments de l’homme et le jeu dangereux de Lolita. Cette obsession de la part de Humbert va finir par le consumer, jusqu’à ne plus rien sentir pour les autres et presque maltraiter Lolita quand elle n’écoute pas. On ressent vraiment quelque chose de malsain, là-dedans et on pourrait presque croire que l’on est à la limite entre la pédophilie et l’emprisonnement. Cette ambiance lourde et pesante sera par moments adoucie par la présence d’un écrivain comédien qui essayera de conquérir le cœur de la belle Lolita tout en évitant des problèmes avec Humbert. Le personnage est assez ubuesque, mettant un peu d’humour et de non-sens dans cette histoire finalement très sombre.

Bien entendu, cette ambiance ne serait rien sans la mise en scène inventive de Stanley Kubrick. Certains plans sont vraiment bien trouvés comme cette scène discussion entre Humbert et l’autre prétendant sur le balcon ou encore les plans iconique de Lolita, notamment lors de sa première rencontre, en position lascive sur le gazon. Mais le film prend beaucoup de moins de risque que les précédents. Il y a moins de scènes marquantes, moins de moments forts, comme l’on peut retrouver dans Le Baiser du Tueur (la salle des mannequins) ou encore Les Sentiers de la Gloire (les plans larges lors du procès). Ainsi, on pourra ressentir un léger ennui durant le milieu du film, d’autant plus que le métrage se perd parfois en dialogues par forcément intéressants.

Par contre, difficile de rogner sur les prestations des acteurs tant elles sont sublimes. James Mason est impeccable dans le rôle de l’amoureux transi et complètement jaloux. Il est à la fois terrifiant, attachant et il semble habiter par son personnage. A ses côtés, la magnifique Sue Lyon joue une Lolita bêcheuse et presque insupportable. Elle s’investit totalement dans le rôle et devient rapidement détestable. Peter Sellers est quant à lui hilarant dans le rôle de Clare Quilty, l’écrivain exubérant, notamment lorsqu’il est grimé en professeur de psychologie et qu’il zozote pour avoir un accent d’Europe de l’Est. Tous les acteurs sont vraiment bons et c’est d’ailleurs dommage que le film dure aussi longtemps car il aurait gagné en efficacité si la durée avait été écourtée.

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Au final, Lolita est un film très intéressant, qui n’a pas trop vieilli, mais qui possède un défaut majeur, sa longueur. Si le message reste négatif et narre une histoire d’amour non partagée entre deux personnes, on en pourra s’empêcher de voir certaines séquences presque inutiles, pour permettre au film de durer 2h30. Néanmoins, entre la noirceur de certains passages et la prestation des acteurs, on peut dire que Lolita est un film à découvrir au moins une fois dans sa vie.

Note : 14/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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