octobre 25, 2021

Citadel

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De : Ciaran Foy

Avec Aneurin Barnard, James Cosmo, Ian Hanmore, Amy Shiels

Année: 2012

Pays: Angleterre, Irlande

Genre: Horreur

Résumé:

Un jeune père de famille, agoraphobe suite à l’agression de sa femme, s’associe avec un prêtre afin de sauver sa fille des griffes d’une bande de sauvages tordus et ultra-violents. Pour se libérer de ses peurs, il va devoir affronter ses démons et pénétrer dans le lieu qui l’effraie le plus au monde : la Citadelle.

Avis:

Fleuron du film d’horreur dans les années 60/70 grâce aux films gothiques de la Hammer, l’Angleterre a connu un petit déclin et a fini par se faire manger par l’ogre américain. Cela est bien évidemment dû à l’argent et la possibilité de faire un peu ce que l’on veut au pays de l’oncle Sam. Plus discrets depuis quelques années, l’Angleterre a su rebondir avec peu de films, mais de grandes qualités. On peut citer par exemple Eden Lake de James Watkins ou La Dame en Noir du même réalisateur, mais aussi Heartless de Philip Ridley. Ces qualités proviennent non seulement d’une histoire originale et d’une réalisation impeccable, mais surtout, ces films contiennent une portée sociale qui dénonce un certain mal-être dans leur pays. Citadel, film anglo-irlandais, s’inscrit parfaitement dans cette lignée, utilisant l’horreur pour mettre le doigt sur un grave problème social.

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Mais foutez moi la paix, je n’ai pas ce putain d’anneau!

Citadel propose une histoire horrifique sur une toile de fond très noire. On va suivre un jeune père de famille qui va perdre sa femme durant son accouchement, car elle s’est faite agressé par des junkies qui lui ont planté une seringue dans le ventre. Devenu agoraphobe suite à ce traumatisme, il doit gérer sa petite fille mais en plus de cela, il doit vendre à perte sa maison, qui est sur un terrain qui est laissé à l’abandon au pied des cités. Malheureusement, sa peur du monde attire des junkies qui semblent plus intéressés par sa fille que par lui et il va devoir affronter sa peur pour survivre. Dans son pitch général, il est difficile de voir un quelconque message social, sauf peut-être celui du père de famille qui va se retrouver à la rue, mais le film vise bien plus haut et il va créer un climat très instable.

Ce qui frappe en premier dans ce film, c’est l’ambiance générale. Le réalisateur s’efforce à n’utiliser que des teintes grises ou sombres et de ce fait, on a l’impression qu’une chape lourde pèse sur le pays. Il fait toujours froid, il fait toujours moche et en plus de cela les gens sont très taciturnes. Cela rajoute une certaine tension, un grand mal-être et le spectateur se retrouve devant un film prenant et glacial. Il faut rajouter à cela une mise en scène de très bonne facture qui accentue les moments de tension, notamment dans les lieux clos comme les maisons ou encore les bâtiments qui ressemblent à nos HLM. Encore une fois, entre le traumatisme du père qui essaye de vaincre ses peurs pour sauver sa fille et les lieux sales et insalubres, on reste dans quelque chose de glauque et de réellement flippant. L’appui d’un élément mystérieux, comme la légende sur la provenance des junkies qui n’en sont pas vraiment, rajoute une part d’angoisse, ne sachant pas vraiment ce que sont ces êtres et leurs buts. Le film devient tendu à un certain moment et tous les papas de jeune enfant seront pris dans un spirale de flippe incroyable.

Le jeune acteur Aneurin Barnard, qui ressemble vraiment à Elijah Wood, tient le film sur ses épaules. Absolument bluffant dans les scènes d’angoisse et très touchant avec sa fille, il joue parfaitement son rôle, l’investissant à 100%. Il arrive d’ailleurs à créer une empathie avec le spectateur et on se prend d’affection pour lui. Le travail sur les personnages est bien foutus, car il y en a peu, mais ils sont tous bien écris et bénéficient d’une interprétation sans faille. En atteste le rôle du prêtre par James Cosmo (Game of Thrones) qui est impérial autant qu’ambigu.

Enfin, il réside le message social qui semble être une parabole de notre société actuelle sur les laissés pour compte. Outre le personnage principal qui se retrouve à la porte, seul avec son bébé et tous les services sociaux qui en n’ont rien à foutre, on va avoir les méchants du film ainsi que leur lieu d’habitation. Difficile de ne pas y voir les jeunes des banlieues dans leurs tours de béton. Ainsi, Ciaran Foy détourne le problème de l’intégration des jeunes avec un film d’horreur tentant presque d’expliquer pourquoi une telle violence se déchaine sur les gens. Si cela peut paraître facile et bête, ce message de délaissement renforce une horreur insidieuse et une ambiance très insécuritaire. Du coup, ce message social ne dessert pas le film, comme on peut le voir bien souvent dans les films d’horreur français (La Horde par exemple) mais renforce une angoissante oppressante qui prend aux tripes.

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Tu vas me buter ces junkies, sinon, je te fous sur le Mur à vie!

Au final, Citadel est un excellente film d’horreur teinté d’un drame. S’éloignant du simple film de flippe frontal, ce métrage s’axe autour de problèmes sociaux, les transformant pour en faire des monstres créés par la société, ajoutant ainsi un intérêt important au film. Alors il est vrai que le début est lent, mais il semble important pour poser son personnage principal ainsi que son aide, dont la destinée marquera le début du rollercoaster horrifique. Citadel s’impose donc comme un bon film d’horreur, tout simplement.

Note: 17/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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