octobre 29, 2020

The Thing 2011

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De: Matthijs Van Heijningen Jr

Avec Mary Elizabeth Winstead, Joel Edgerton, Adewale Akinnuoye-Agbaje

Année: 2011

Pays : Etats-Unis

Genre : Scicen-Fiction/Horreur

Résumé:

La paléontologue Kate Lloyd part en Antarctique rejoindre une équipe de scientifiques norvégiens qui a localisé un vaisseau extraterrestre emprisonné dans la glace. Elle y découvre un organisme qui semble s’être éteint au moment du crash, de multiples années auparavant. Mais une manipulation élémentaire libère accidentellement la créature de sa prison glacée. Capable de reproduire à la perfection tout organisme vivant, elle s’abat sur les membres de l’expédition, les décimant un à un. Kate s’allie au pilote américain Carter pour tenter de mettre fin au carnage. Aux confins d’un continent aussi fascinant qu’hostile, le prédateur protéiforme venu d’un autre monde tente de survivre et de prospérer aux dépens d’humains terrorisés qu’il infecte et pousse à s’entre-tuer. The Thing sert de prélude au film culte de 1982, réalisé par John Carpenter, dont il reprend le titre.

Avis :

Quand l’annonce d’un film reprenant le mythique chef d’œuvre de Big John Carpenter pour en faire une sorte de remake/prequel a été proclamée, beaucoup de personnes ont crié au scandale et se sont mis en devoir de détruire le film avant même sa sortie en salle. Je ne fais pas partie des gens qui s’amusent à défoncer un métrage avant de l’avoir vu et de me faire une propre opinion. Pour le coup, je me suis dit que cela allait être très difficile de passer derrière le film de 1982, tant il reste intemporel, angoissant et fichtrement bien foutu, surtout quand on sait que le projet a été donné à un réalisateur inconnu de nationalité hollandaise. Mais que vaut vraiment ce film ? Injure au film d’origine ou film fidèle et pas si décevant que ça ? Ce métrage est-il aussi angoissant, gore et poisseux que son aîné ? Va-t-il falloir suivre ce réalisateur au nom interminable et imprononçable de près ?

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Huummm, je peux être sans tain ou au thym en cinq lettres…

L’idée d’un remake n’était pas très enchanteresse, même si c’est la mode en ce moment. Mais il faut dire que le film de Carpenter reste très d’actualité et qu’il reste vraiment un film à fans. D’ailleurs, de nombreuses personnes considèrent ce film comme l’un des plus grands films de SF horreur, avec un certain Alien à ses cotés. Du coup, à l’instar d’un Cold Prey 3 ou d’un Détour Mortel 4, les scénaristes ont eu l’idée de faire un prequel (ou une préquelle) pour expliquer la venue de ces chasseurs norvégiens au début du film de Carpenter, tirant sur un pauvre chien. Donc, la petite histoire prend forme dans un camp norvégien au pôle nord, où une découverte scientifique de très grande importance a été réalisée. Faisant appel à une scientifique américaine, on va voir la découverte d’un vaisseau spatial puis celle d’un corps étranger pris dans la glace. Malheureusement, cet extraterrestre va se libérer et attaquer le camp de manière parasite, prenant possession des corps et les changeant morphologiquement. Si certains ont eu peur d’un carnage et surtout d’une dévalorisation du film de Big John, il n’en est rien. Reprenant un scénario quasiment identique, mais le transposant dans les origines d’une vilaine bestiole, The Thing cuvée 2011 reste dans le ton du premier et a du mal à s’affranchir de son modèle. Néanmoins, vu la qualité du premier métrage, on ne peut que se satisfaire du choix fait par le réalisateur.

On se souvient encore de l’ambiance glaciale du premier film, arborant allègrement teinte froide avec ambiance étouffante, prouvant que finalement, chaleur et froideur peuvent provoquer les mêmes sensations, dont les sueurs, l’angoisse et l’isolement. On se souvient de ce désert blanc dont le seul abri était le bâtiment scientifique, qui devient lui-même une source de danger à cause de la créature. On se souvient de la peur d’autrui à cause des capacités de la bestiole, et la paranoïa envahissante de chaque personnage, cherchant à prouver son innocence et sa pureté. Matthijs Van Heijningen Jr, dans son intelligence  ou dans une fulgurance incroyable, ne va, encore une fois, pas s’éloigner de son modèle pour donner un film angoissant, reprenant quasiment tous les codes imposés par Carpenter. Alors, on pourrait crier au scandale, au vol ou encore au plagiat, mais il faut dire que l’ambiance reste bien flippante et bien retranscrite, on prend part au calvaire et aux interrogations des protagonistes. Le seul petit point noir, c’est le passage au numérique et aux effets spéciaux en images de synthèse. Même s’ils demeurent bien faits, ils donnent une sensation beaucoup moins effrayante que dans celui de Carpenter.

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J’ai pas de barbe, j’ai des nichons et un beau cul, mais ça ne m’empêche pas de manier correctement le lance-flamme !

Dans le premier métrage, John Carpenter a inséré dans son film une présence totalement masculine. L’impressionnant Kurt Russell en tête, livrant une prestation sans faille, était entouré d’hommes, souvent machos et rustres, donnant ainsi une sensation d’infertilité et de fin du monde. Pour une fois, le réalisateur hollandais n’a pas suivi son modèle, car il insère dans ce métrage une présence féminine, qui sera en quelque sorte une Kurt Russell au féminin, la barbe en moins. Pour ce rôle, c’est Mary Elizabeth Winstead, déjà vu dans Scott Pilgrim, Boulevard de la mort ou encore Destination Finale 3, qui s’y colle et qui va interpréter une scientifique américaine. Elle représente la seule femme forte à bord et détient à quelque part le rôle clé, porteuse de lumière et d’intelligence dans un monde d’hommes où l’action est privilégiée à la réflexion. Elle tient admirablement bien son rôle même si elle n’arrive pas au niveau de Kurt Russell. Pour l’épauler, on a droit à Joel Edgerton, le frère de Tom Hardy dans Warrior, qui joue le rôle d’un scientifique norvégien et qui est un peu celui qui va essayer d’arranger les choses plutôt que de montrer son coté machiste. Le reste du casting reste intéressant et bien dans son rôle, même si l’on n’atteint pas les sommets du premier opus.

Outre la démarcation prise avec la présence féminine, le réalisateur va aussi s’éloigner du matériau de base pour proposer une vision surement plus récente au métrage alors que les faits doivent être antérieurs au film de 1982. Malheureusement, nous sommes en 2011 et il faut satisfaire un public de plus en plus demandeur en images de synthèse et en images chocs. Pour cela, on dit adieu aux maquettes, robots et maquillages, et on dit bonjour aux transformations par ordinateur et aux images puant le pixel. Je ne dis pas que cela est mal fait, bien au contraire, mais on perd en authenticité et en charme. Alors oui, les transformations sont plus impressionnantes, les monstres plus difformes, mais cela fait plus faux que dans le film de 1982 ! Néanmoins, le réalisateur (je vais m’épargner de réécrire son nom) va convaincre les fans en proposant une créature déjà vu dans le premier film, la célèbre carcasse à double visage. Etonnante de difformité et du malaise qu’elle instaure, elle est aussi l’occasion d’un passage bien stressant dans les cuisines. Les effets gores parsemant le film sont assez sympathiques, notamment avec la transformation de la seconde femme. Certains passages sont bien stressants et on a même droit à une nouvelle scène de vérification d’infection, même si la solution parait plutôt bancale et que finalement, elle ne servira pas à grand-chose. Je garderai un petit bémol concernant la fin du film qui s’éloigne trop du film et qui tombe dans le grandiose pour pas grand chose. Une fin trop spectaculaire pour un film où l’angoisse reste intimiste.

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Je crois que j’ai des problèmes gastriques

Au final, The Thing version 2011 reste un très bon film d’horreur. Reprenant beaucoup d’éléments du premier film, il essaye de s’en affranchir en proposant une fin trop nerveuse et qui ressemble à d’autres métrages mettant en avant des invasions aliens. Plus moderne aussi dans son traitement, ajoutant des femmes en tant que héros et des images de synthèse, le film perd un peu de force comparé au premier, notamment dans la frayeur pure et dans une authenticité que seul Carpenter sait faire. Bref, un film tout de même réussi, reprenant les éléments essentiels du premier opus et dont les moments intenses sont assez nombreux.

Note : 14/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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