Slipknot – .5: The Gray Chapter

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Avis :

A la fin des années 90, un phénomène se propage comme un nuage de fumée dans le sillon des metalleux. Formé en 1995, Slipknot vient de Des Moines dans l’Iowa et sa construction prend forme autour de Shawn Crahan, alors percussionniste et Paul Gray, bassiste. Le groupe se fait rapidement un nom dans sa région et se confronte très souvent à un autre groupe, Stone Sour, mené par Corey Taylor. Alors que Slipknot remporte tous les concours face à Stone Sour, Corey Taylor se laisse convaincre de rejoindre le groupe masqué. Après un premier EP datant de 1996 et un réenregistrement par la suite, le groupe sort son premier skeud en 1999. Cet album éponyme va fonctionner notamment grâce au bouche à oreille mais aussi grâce aux interprétations scéniques du groupe, complètement chaotique et bourrées d’énergie. Avec Iowa, le groupe signe un grand album qui va révolutionner le milieu du métal, devenant l’une des meilleures ventes musicales de 2001. En 2004 sort alors Vol. 3 : (the Subliminal Verses), qui prend tous les fans à revers. L’album est globalement plus mélodieux, plus calme et même si l’on ressent toujours une grande agressivité, le groupe semble plus mature. En 2008, All Hope is Gone et malgré un accueil mitigé de la part de certains fans, l’album est complet et reflète un certain changement de ton. Si certains y voient le fantôme de Stone Sour, autre groupe à succès de Corey Taylor, on entend toujours cette agressivité si propre à Slipknot et le groupe fait encore une fois un carton.

Seulement, en 2010, un drame va survenir au sein du groupe. Paul Gray, le bassiste et membre fondateur du groupe est retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel. Le groupe annonce qu’il continuera mais que cela sera difficile. Autre coup de théâtre, fin 2013, le groupe annonce le départ de Joey Jordison alors que celui-ci annonce qu’il a été viré. La douche froide est glaciale, Jordison étant considéré comme l’un des meilleurs batteurs du monde. Néanmoins, c’est en octobre 2014 que sort le cinquième album du groupe, avec un titre hommage à Paul Gray, et malgré la sensation des départs des deux musiciens, .5 : The Gray Chapter est un très bon album.

Le skeud commence avec XIX, une longue intro sur fond de cornemuse qui annonce clairement que ce skeud n’est pas pour les vivants mais pour les morts. C’est mélodieux, assez loin de l’univers de Slipknot mais force est de constater que ce changement lugubre est bien foutu et donne envie de connaître la suite. Et dans son ensemble, l’album est très agressif, permettant de retrouver un groupe en pleine forme malgré une noirceur apparente. Sarcastrophe envoie du bois avec une belle double pédale et des riffs lourds et très agressifs. The Devil in I, morceau délivré avant la sortie de l’album est hyper efficace malgré un refrain chanté qui rappelle bien évidemment Stone Sour. Cet album sera aussi l’occasion de retrouver des titres relativement rétrogrades, rappelant le meilleur de Iowa, leur deuxième effort. Ainsi, Skeptic renoue avec un chant screamo rappé ainsi que la présence de scratchs dans le refrain et une batterie redoutable. On notera aussi Custer, l’un des meilleurs morceaux de l’album, qui envoie le pâté en termes de rythme et qui dégage une réelle énergie et agressivité que l’on n’avait pas retrouvée depuis le premier album et des morceaux comme Wait and Bleed. Le titre parfait pour headbanger ! On pourra aussi nommer Nomadic qui se rapproche d’un Left Behind aux niveaux des sonorités et de l’ambiance.

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Bien évidemment, le skeud comporte aussi son lot de morceau plus ou moins décevants. En première ligne, on notera Killpop, titre relativement anodin, qui ne tuera pas la pop et qui demeure trop gentillet même par rapport aux restes de l’album. C’est assez dommage car le titre comporte un joli solo de gratte et la fin est dantesque et chaotique. Goodbye ressemble à s’y méprendre à un titre de Stone Sour. Cela signifie que ce n’est pas mauvais, très loin de là, car Stone Sour est un excellent groupe, mais le titre est trop différent de ce que peut fournir un Slipknot, et cela ne colle pas forcément avec l’ambiance du skeud. Ensuite, on ressentira la même chose avec The One That Kills the Least, qui malgré cela aura un gros côté agressif pas déplaisant pour un titre moyen au final. Enfin, on peut critiquer If Rain is What you Want, qui clôture l’album de façon calme et sans pour autant emporter celui qui écoute. Heureusement, on pourra se rattraper avec The Negative One, titre nerveux, violent et qui encore une fois, rappelle que Slipknot a créé un style et que c’est de la bombe atomique.

Au final, .5 : The Gray Chapter est un très bon album de la part de Slipknot. Plus varié et avec des morceaux renouant avec le passé du groupe afin de fournir quelque chose de plus agressif, le groupe livre un cru agréable, énergique et au-dessus du précédent effort, All Hope is Gone. Alors certes, on sent l’influence de Corey Taylor et de Stone Sour ainsi que le départ de Joey Jordison, mais ce serait bête de bouder ce skeud qui finalement tient bien ses promesses.

  1. XIX
  2. Sarcastrophe
  3. AOV
  4. The Devil in I
  5. Killpop
  6. Skeptic
  7. Lech
  8. Goodbye
  9. Nomadic
  10. The One That Kills the Least
  11. Custer
  12. Be Prepared for Hell
  13. The Negative One
  14. If Rain is What you Want

Note: 16,5/20

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Par AqME

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