décembre 2, 2020

Elisa Tovati – Cabine 23

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Avis :

En France, on ne sait pas pourquoi, mais les artistes ont toujours du mal à n’avoir qu’une étiquette sur leur dos. Alors qu’Etats-Unis les acteurs comme les chanteurs (sauf en de rares exception) restent à leur place et font ce qu’ils savent faire de mieux, en France, il faut toujours qu’un acteur se mette à chante ou qu’une chanteuse se mette à faire du cinéma ou de la télévision. Alors bien évidemment, la transversalité, c’est plutôt cool et cela montre une vraie ouverture d’esprit de la part de nos artistes, mais cela est-il vraiment nécessaire ? En effet, pourquoi ne pas rester dans ce que l’on fait de mieux et tenter sa chance vers quelque chose pour laquelle on n’est pas fait. Pire, parfois ce sont les sportifs qui se lancent dans des carrières de chant ou d’acteur. Et il suffit d’écouter les carnages de Yannick Noah pour se convaincre qu’il aurait mieux fait de faire entraineur de tennis. Elisa Tovati est une sublime femme qui se distingue dans les années 90 en tant qu’actrice. Elle crève l’écran dans La Vérité si Je Mens et ce n’est pas plus mal, puisque depuis gamine, elle voulait devenir actrice. Seulement, le succès reste moindre et les rôles deviennent parfois un peu difficiles à avoir. La jolie jeune femme se décide alors en 2002 à se lancer dans une carrière de chanteuse, possédant une assez jolie voix. Certes, elle ne fera pas du lyrique, mais c’est plutôt mignon. 2014 marque l’arrivée de son quatrième album et il est entaché par une malédiction ferroviaire.

En effet, le skeud raconte une histoire et s’inspire principalement du fameux train l’Orient-Express. Seulement, l’utilisation de l’image du train ainsi que de son univers appartient à la SNCF et après d’âpres pourparlers, la société nationale des chemins de fer a décidé de faire retirer tous les albums de la vente, disant que la jeune femme détériore l’image et l’univers du célèbre train. Mais bizarrement, à l’écoute de l’album, on peut se demander de quoi avait peur la société et elle ferait mieux de foutre son nez dans la rentabilité de ses TGV, plutôt que dans un album anodin et inoffensif.

On va commencer avec les points positifs de cet album. Ils sont peu nombreux, mais il y en a. La première chose que l’on va retenir, c’est l’instrumentalisation globale du skeud. La belle décide de s’éloigner grandement de tout ce qui se fait actuellement en pop, variété et autre r’n’b pour proposer de vrais instruments et des accords plutôt efficaces. Alors certes, cela ne casse pas trois pattes à un canard, mais ça reste agréable à l’oreille et plutôt authentique. Ensuite, d’un point de vue vocal, la chanteuse possède un joli organe. Non, je ne parle pas de sa taille de guêpe mais bel et bien de sa voix. Relativement douce, elle entraine l‘auditeur dans de jolies ballades, qui ne restent pas en tête, certes, mais qui s’avère agréables et parfois assez éloignées du schéma commercial qu’emprunte toutes les chanteuses de ce style.

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Malheureusement, dans sa globalité, le skeud est assez décevant, voire pas bon. La première chose qui frappe après une première écoute, c’est la linéarité de l’ensemble. On a l’impression d’écouter la même chanson tout le temps. Alors certes, parfois on accélère un peu, de temps à autre on change le tempo, mais c’est tout le temps pareil. A un tel point qu’au bout d’un moment, c’est l’ennui qui vient nous frapper. Le seul titre qui sort un peu du lot, c’est Pitchipoï, un poil plus rythmé, mais ce n’est pas non plus la panacée. Ensuite, on pourra sévèrement pester contre l’écriture des paroles. On en arrive à un stade où l’auditeur peut se croire investi de dons de voyance. On est tellement à la recherche de la rime pauvre que l’on peut anticiper les paroles dès la première écoute. C’est assez dérangeant car on peut se dire que n’importe quel quidam aurait pu écrire cela. Enfin, difficile de passer outre les paroles insignifiantes et parlant toujours des mêmes thèmes, comme l’amour. Tout cela reste axé sur la personne et c’est assez excluant pour celui qui écoute. Le pire étant Room Service, d’une naïveté hallucinante, qui ne fait même pas rire ou esquisser un sourire.

Au final, Cabine 23, le dernier effort d’Elisa Tovati, résonne comme un pétard mouillé. Ecoutable pour des rythmiques simples et jolies, le skeud n’offre aucune variation et se contente du minimum essayant çà et là de placer le célèbre train dans un univers soporifique, certes agréable, mais plutôt ennuyant. Quant à la destruction des copies par la SNCF, cela montre le degré d’intelligence de ces patrons, essayant de faire un buzz en détruisant un investissement difficile et ces gens-là ne méritent que l’irrespect. Alors même si on n’a pas forcément aimé cet album, on le soutient en en parlant et c’est déjà pas mal.

  1. Au Départ, Paris
  2. Tout le Temps en duo avec Brice Conrad
  3. Cabine 23 (Interlude)
  4. La Mémoire
  5. Au Train où Vont les Choses
  6. Pitchipoï
  7. S’Embrasser
  8. Room Service
  9. Eye Liner
  10. T42 en duo avec Elodie Frégé
  11. Moscou
  12. Voiture 3 (Interlude)
  13. Nulle Part où Aller
  14. Le Fleuve Amour
  15. La Petite Tour Eiffel
  16. Ghost Song (Interlude)

Note : 09/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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