décembre 2, 2020

Disaster – Day of Crisis

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Résumé :

Les éléments de la nature se déchaînent et il va falloir survivre tout en aidant les autres.

Avis :

Le cinéma a tôt fait de voir dans les catastrophes naturelles un potentiel évident pour un genre à part entière. Après un âge d’or à son apogée dans les années 1970 jusqu’à la fin des années 1990, les films catastrophe deviennent des séries B, voire Z, bien connu des amateurs de SyFy et autres productions « nanardifiantes » dignes d’Asylum. Pourtant, il existe une poignée d’œuvres vidéoludiques qui tentent une excursion chaotique dans ce domaine, comme la saga SOS final escape dont le quatrième volet a été annulé purement et simplement à la suite du tremblement de terre de mars 2011 au Japon. Autrement dit, le parcours pour un jeu vidéo relevant des catastrophes naturelles peut s’avérer aussi incertain et tumultueux que les caprices de mère Nature.

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Malgré son statut de console pour casual gamers, la Wii possède tout de même un vivier de contenus matures (presque) exclusif dont il serait dommage de se passer. Avec Disaster – Day of crisis, les gars de Monolith Soft vont reprendre tous les éléments d’un bon film catastrophe, quitte parfois à sombrer dans le cliché ou l’exagération. On n’échappe pas à l’introduction pleine de pathos et d’une suite d’événements qui s’enchaîneront à cent à l’heure dont le fil rouge coud une trame variée, mais pas crédible pour un sou. Qu’on se le dise, Disaster fait dans le spectaculaire et la surenchère en laissant de côté le réalisme, si modeste soit-il.

Étant donné l’absence totale de second degré ou d’autodérision, on adhère ou pas à ce genre d’intrigue prévisible et linéaire au possible qui voit se succéder des références à ne plus savoir qu’en faire. Imaginer un mix entre les films de Roland Emmerich et Michael Bay pour comprendre le niveau de profondeur du scénario. À ce titre, l’on remarquera que la dernière ligne droite est un simple copier-coller de Pluie d’enfer et The rock. Entre la ville menacée par la rupture de son barrage, l’otage attaché à un radiateur qui risque de se noyer pour le premier métrage et la réplique reprise mot pour mot du dialogue d’Ed Harris quand il se désiste pour le second, la facilité d’écriture reste discutable. Dans ce contexte, on se trouve à la limite du plagiat.

À cela, l’on compte une palette de protagonistes aussi inconsistants que risibles. Entre le héros musclé, beau gosse, sans peur et sans reproche, le bad guy pas si mauvais, ses sbires appâtés par les monnaies sonnantes et trébuchantes ou la donzelle transformée en potiche de service, Disaster multiplie à ce stade également une pléthore de clichés. Parfois pardonnables, le plus souvent éculés, ils n’apportent aucune dimension émotionnelle au jeu. De fait, il est difficile de se sentir impliqué par leur destin que l’on devine balisé sur un sentier bien délimité. Inutile de citer les personnes en détresse que vous rencontrerez, dont les réactions sont synonymes de bêtises inconsidérées. N’espérez donc aucune surprise de ce côté-là.

Fort heureusement, Disaster n’est pas aussi catastrophique que son fond le laisse escompter et se montre plutôt efficace dans la mise en scène. On saluera également une bande-son épique parfaitement dans le ton qui appuie la tension des séquences. Le cadrage reste adéquat quand il s’agit de fuir un tsunami, une éruption volcanique, un séisme ou une inondation. Disaster est avant tout un condensé de tout ce que vous pouvez imaginer en termes de cataclysmes en l’espace… d’une journée ! Malgré des moyens techniques réduits, le jeu exploite les possibilités de la Wii de fort belle manière, et ce, même si l’on parcourt des couloirs avec une progression qui exige peu de détours.

Celle-ci se compose de trois grands axes qui formeront également les principaux éléments du gameplay. Les phases d’exploration et de sauvetage permettent de récolter des PC (points de compétences) afin d’améliorer les capacités de Raymond (Ray pour les intimes). Original dans le fait de venir en aide à un chien, emmener une personne en lieu sûr, d’en soigner une autre avec des bandages et de l’eau douce, ou encore de faire un massage cardiaque sur un mourant. La variété manque toutefois de challenge puisqu’un échec demande un nouvel essai et non la perte définitive d’un survivant. Dommage, car cela aurait aussi pu susciter l’empathie chez le joueur.

Il existe également des séquences plus nerveuses où l’on doit affronter les membres de SURGE. Malheureusement, elle casse le rythme et transforme l’aventure en un vulgaire rail-shooter. Les ennemis sont le plus souvent figés pour se faire tirer comme des lapins ou possèdent des mouvements facilement mémorisables pour les envoyer ad patres. En revanche, les rechargements d’armes (peu nombreuses et très classiques) s’avèrent beaucoup trop longs et pénalisants si vous bougez pour vous cacher ou anticiper les réactions de vos adversaires. Restez donc aussi paralysé qu’eux pour faire le plein. En ce sens, l’I.A. se montre encore plus bête que le scénario.

On pestera également contre des phases de conduite mollassonnes à la maniabilité hasardeuse et néanmoins basique. Certes, le jeu tire parti des possibilités de la Wiimote dans toutes les situations ; ce qui est assez rare pour le souligner. Au vu d’une concurrence, quasiment absente de ce domaine, qui relègue le potentiel au statut de gadget, Disaster arrive à se démarquer sans la moindre difficulté. Les développeurs se sont efforcés de multiplier les plaisirs sans pour autant parvenir à un équilibre homogène dans la succession des péripéties. À noter, de furtives séquences d’escalade anecdotiques dont on ne retiendra rien.

Pour terminer le jeu, comptez entre 7 et 9 heures. La durée de vie dépendra de votre volonté à trouver et aider tous les survivants, à pousser votre personnage et l’arborescence de votre arsenal dans leurs retranchements. Le mode normal n’offre qu’un défi mesuré sans trop de heurts majeurs. Malgré la présence d’un mode difficile, de tenues débloquées et d’un contenu bonus honnête (illustrations, dossiers sur les différents intervenants et les lieux, recensement des sauvetages effectués…) seuls les plus acharnés réitéreront l’aventure pour tout découvrir. Si l’on reste dans la moyenne du genre, la rejouabilité n’est clairement pas de mise.

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Au final, Disaster – Day of crisis peut être vu comme la parfaite adaptation d’un blockbuster hollywoodien : efficace et vide de sens. Doté d’un scénario sans surprise, de protagonistes bancals, le jeu de Monolith Soft ravira les amateurs de Roland Emmerich. On saluera toutefois une bande-son réussie, ainsi qu’une réalisation soignée, notamment grâce à une succession de catastrophes toutes plus impressionnantes les unes que les autres. Le gameplay se montre assez riche, mais peine à trouver une véritable cohésion afin de rendre l’action aussi fluide que nerveuse. Malgré ses nombreux défauts, Disaster possède un monopole salvateur sur cette thématique pour s’y essayer sans avoir de grandes attentes sur le fond.

Note : 12/20

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Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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