Diabulus in Musica – Argia

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Avis :

S’il y a un domaine du métal dans lequel les européens sont supérieurs aux américains, c’est bien dans le métal symphonique. Nos amis ricains ont bien Kamelot, mais même si leur musique est intéressante, c’est du pipi de chat à côté de groupes comme Nightwish, Within Temptation, Lacuna Coil ou encore Delain. D’habitude, ces groupes sont tous originaires des pays scandinaves, mais pour une fois, cette donne va changer. Si l’Italie arrive à nous régaler avec certains groupes de temps à autre, l’Espagne n’est pas en reste et les plus rompus au style connaissent Mago de Oz. Mais désormais, le pays pourra aussi compter sur Diabulus in Musica, un groupe qui a vu le jour en 2009 avec une démo et qui, dès 2010 s’est imposé comme un groupe majeur dans le métal symphonique. Encore assez peu connu, le groupe a sorti en début d’année un troisième album qui répond au doux nom d’Argia. Bien entendu, on y retrouve une jaquette évocatrice de voyage mais aussi de Fantasy, le tout baignant dans une atmosphère de pirate, rappelant un petit peu Alestorm. Tout cela a de quoi attirer notre attention, surtout que le groupe brille par ses compositions variées à tendance grandiloquente avec une orchestration incroyable. Alors que vaut vraiment ce nouveau skeud ?

S’il vaut le dire tout de suite, Argia s’impose presque comme l’un des meilleurs albums de métal symphonique de cette année. Sans révolutionner le genre, le groupe montre son savoir-faire avec notamment une production parfaite et un mixage vraiment bien dosé. Tout album de ce style, on aura droit à noter intro un peu religieuse, symphonique et qui annonce souvent la tempête. Ce sera une fois de plus vrai, puisque le morceau qui enchaîne, From the Embers est costaud, mais parfaitement organisé. Entre une voix enchanteresse et quelques growls bien sentis, le groupe montre qu’il sait manier la violence au lyrisme dans une parfaite osmose. Les riffs sont puissants et rapides, la batterie est hallucinante et le refrain est clair, on est face à un morceau de très bon calibre. La suite sera du même acabit mais avec des riffs moins recherchés, mais bien plus accrocheurs. Avec Inner Force, on aura tendance à headbanger au rythme des grattes et l’ajout de quelques violons est juste parfait. Bien entendu, tout au long de l’album, des morceaux aussi violents seront présents et seront même la marque de fabrique du groupe, devenant plus violent qu’un Nightwish mais sans non plus être trop Black ou Dark. A ce titre, le morceau le plus âpre est résolument Spoilt Vampire avec des riffs très agro, une double pédale omniprésente et une voix déformée pour la chanteuse à laquelle un gros growl lui répond durant le refrain. C’est binaire, mais ça envoie méchamment du bois. Mechanical Ethos sera du même acabit mais avec une instrumentalisation plus claire et un refrain moins violent. Ensuite, deux morceaux sortent vraiment du lot dans ce genre de métal symphonique bourrin. Il s’agit de Encounter at Chronos Maze, qui bénéficie d’une intro inquiétante et qui part dans des riffs stratosphériques par la suite et Healing, qui démarre en trombe pour trouver une fin plus calme. Ces deux morceaux se ressemblent par leur longueur (plus de 6 minutes) mais aussi et surtout pour leur aspect lyrique très appuyé puisque l’on pourra apprécier les voix incroyables de la chanteuse, qui frôle le classique lyrique et le chanteur qui est juste parfait en chant clair. Il s’agit de deux pièces majeures de l’album et elles sont juste parfaites, montrant que l’on peut faire du touchant tout en gardant une certaine violence.

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Mais le groupe ne fait pas que dans le lyrisme à la sauce taureau. Ne reniant pas sa langue maternelle, le groupe propose aussi Furia de Libertad et il s’agit sûrement de l’un des meilleurs morceaux du skeud. Avec des riffs agressifs, le groupe arrive à inclure des trompettes et des sonorités hispaniques dans un morceau à l’équilibre parfait. Un titre qu’il faut écouter de toute urgence. Par la suite, le groupe produit aussi des ballades vraiment somptueuses qui méritent l’écoute et qui ne sont pas débiles. La première est Maitagarri qui est typiquement dans le style métal symphonique et rappelant les terres verdoyantes d’un Seigneur des Anneaux. Encore une fois, la voix de la chanteuse est divine et on est complètement emporté par ce titre qui montre toute la maîtrise technique du groupe. Eternal Breeze est son piano sera peut-être le titre le plus faible du skeud, étant un peu trop classique et presque mercantile inutilement. Reste Indigo, un titre à l’instrumentalisation folle, avec de nombreux instruments anciens et inconnus et c’est une véritable féérie que d’entendre cela, avec une chanteuse qui laisse planer sa magnifique voix. Un titre apaisant et d’une grande douceur.

Au final, Argia, le dernier album de Diabulus in Musica est une véritable réussite et sur presque tous les points. Entre des morceaux très agressifs et brutaux, on peut entendre se côtoyer des ballades d’une grande qualité et d’autres titres à la frontière entre les deux genres, démontrant, non seulement l’ouverture d’esprit du groupe, mais aussi et surtout son talent. Un album que l’on conseille bien évidemment.

  1. Et Resurrexit (Libera Me)
  2. From the Embers
  3. Inner Force
  4. Furia de Libertad
  5. Maitagarri
  6. Sed Diabolous
  7. Spoilt Vampire
  8. Eternal Breeze
  9. Mechanical Ethos
  10. Encounter at Chronos Maze
  11. Indigo
  12. Healing
  13. Horizons

Note : 17/20

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Par AqME

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