octobre 27, 2020

L’Homme de l’Ouest

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Titre Original : Man of the West

De: Anthony Mann

Avec Gary Cooper, Julie London, Lee J. Cobb, Arthur O’Connell

Année: 1958

Pays: Etats-Unis

Genre: Western

Résumé:

Après l’attaque du train dans lequel ils voyageaient, Link Jones, une chanteuse, et un commis voyageur tombent aux mains d’une bande de pillards… Le chef de ces derniers était autrefois le mentor de Link, mais l’élève avait fui pour mener une vie rangée. Les brigands contraignent alors leurs otages à participer à l’attaque de la banque d’une ville fantôme.

Avis:

Le nom d’Anthony Mann, pour tout cinéphile n’est pas inconnu. Et pourtant, pour la jeune génération, il s’agit-là du parfait anonyme puisque le réalisateur est décédé en 1967 peu après le tournage de Maldonne pour un Espion, son dernier film. Cet homme, accro au western a fait tourner les plus grands comme James Stewart (Winchester 73 ou encore L’Homme de la Plaine), Kirk Douglas (Spartacus et ce dernier a viré Mann de la réalisation le faisant remplacer par Stanley Kubrick) ou encore Charlton Heston pour Le Cid. Mais ce que l’on sait moins, c’est qu’il a aussi fait jouer le grand et charismatique Gary Cooper dans un western qui deviendra un succès à l’époque, en 1958, avec L’Homme de l’Ouest. Et Carlotta permet aux cinéphiles de rejoindre le passé pour se replonger dans un western intime, relativement intéressant et avec une qualité d’image incroyable.

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Le scénario est relativement simple. On va suivre Link Jones, alors qu’il prend le train pour la première fois. Malheureusement pour lui, le train va se faire attaquer par des bandits et il se retrouve au milieu de nulle part avec une chanteuse et un tricheur aux cartes. Ensemble ils se frayent un chemin et tombent sur une maison indiquée par Link, maison où il a vécu étant jeune. Ils tombent alors sur Dock Tobin, un gangster recherché et notamment oncle de Link. Pour survivre, Link va aider son oncle à faire un dernier coup d’éclat, dévaliser la banque de Lassoo. Mais les soupçons des acolytes de Dock Tobin sur sa loyauté vont peser lourd et la tension sera à son comble.

Pas de doutes, on est bien dans un western pure souche. Et tout y passe, entre les chevaux, les saloons, les débuts du train et les attaques de locomotive. On pourrait presque croire que le film n’est pas du tout original et pourtant il recèle bien des choses qui frôlent le drame intimiste. Et c’est peut-être d’ailleurs là son plus gros défaut. Puisqu’il faut commencer par les défauts le film est parfois un peu longuet et présente des scènes qui n’ont que peu d’intérêts. La préparation pour aller attaquer Lassoo, les conflits d’intérêts entre les différents protagonistes, tout cela peut paraître assez long et pas forcément utile. On notera aussi l’absence de grands décors crépusculaires comme on peut en voir dans de grands westerns.

Néanmoins, le film peut se targuer d’utiliser avec intelligence une rupture de ton assez incroyable. Le début du film est relativement drôle. On s’attend presque à une comédie et la découverte du train par le héros est assez marrante. Mais à partir de l’attaque du train, le film vire plutôt vers le drame, pour finir ensuite vers quelque chose de plus dur, de plus âpre, avec la découverte du nid de bandits et de leurs joies en voyant une joie jeune femme. Si on compare le début et la fin, on a l’impression de voir deux films différents et c’est très intéressant. L’autre intérêt du film repose sa violence. En effet, le film ne fait pas cadeaux et montre des gangsters prêts à tout pour avoir du butin. Ainsi, on aura des passages assez durs, avec une femme forcée de se déshabiller ou encore des gunfights puissants, et réalisés avec une main de maître. La dernière bataille à Lassoo entre le héros et son cousin est très forte et vaut son pesant de cacahuètes.

Mais ce qui retient le plus l’attention, c’est la prestation des acteurs. Bien entendu, Gary Cooper est époustouflant de classe et d’allure, bien qu’il paraisse un peu vieillissant dans le film. Il se fait d’ailleurs voler la vedette par Lee J. Cobb, incarnant un Dock Tobin complètement fou, imprévisible et qui fait froid dans le dos. On appréciera aussi le rôle tout en nuances de Julie London qui livre une prestation parfaite, détestable au début et très touchante sur la fin. Pour le reste, on aura droit à des gueules du cinéma, avec des bandits violents, sans scrupule et qui pensent être les rois du monde. Les relations entre les personnages sont aussi importantes, parfois ambiguës et jouent avec le spectateur, ne sachant que penser de tel ou tel personnage.

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Au final, L’Homme de l’Ouest est un bon western, qui fait la part belle aux relations plutôt qu’aux décors grandiloquents et aux paysages de l’ouest américain. Il s’agit d’un film plus intimiste, relativement intéressant, mais qui présente parfois quelques longueurs franchement dispensables. Néanmoins, Carlotta a fait un superbe boulot de restauration et les bonus sont vraiment excellents. Donc les amateurs de western devraient se jeter à corps perdu dans cette galette en or.

Note: 15/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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