Le Loup-Garou

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Titre Original : The Wolf Man

De : George Waggner

Avec Lon Chaney Jr., Claude Rains, Bela Lugosi, Maria Ouspenskaya

Année : 1941

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Larry Talbot est de retour dans son pays, où il est accueilli par son père, le châtelain Sir John Talbot. Il y fait la connaissance de Gwen Conliffe, qu’il accompagne le soir même à une fête donnée par une troupe de bohémiens. Là-bas, une jeune fille, Jenny, est attaquée peu de temps après leur arrivée par un loup, tandis que le jeune lord est mordu par la bête en lui portant secours. Le lendemain, Jenny est retrouvée morte…

Avis :

Parmi les créatures les plus populaires du folklore horrifique cinématographique, le loup-garou tient une place privilégié aux côté du vampire et du zombie. Figure emblématique de la mythologie et de diverses croyances, le loup-garou fait peur et cela depuis l’antiquité. Il était donc logique que le cinéma d’épouvante s’empare du mythe et le transvase sur grand écran. Alors en plein boum, Universal décide au début des années 40 de mettre un nouveau monstre dans son panthéon Après Dracula, la Momie, ou encore l’inébranlable Frankenstein, c’est au tour du Loup-Garou de montrer ses jolies dents blanches. Cette fois-ci, ce n’est pas James Whale à la réalisation, mais George Waggner et l’acteur principal va changer, même si l’on voit des têtes connus, puisque c’est Lon Chaney Jr. qui va se coltiner un costume tout en fourrure. Mais depuis des années, le loup-garou a parcouru nos écrans, alors est-ce que ces origines sont-elles toujours d’actualité ?

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Maintenant Rex, t’arrête tes conneries et tu rentres à la maison !

Le scénario de ce film tient presque plus du drame que de l’horreur. On va suivre un jeune héritier du nom de Larry Talbot, car son frère aîné est mort dans un accident de chasse. Son père le reçoit et le laisse redécouvrir sa ville. Il tombe alors sous le charme d’une jeune antiquaire à laquelle il achète une canne avec une crosse en argent en forme de tête de loup. La séduisant, il arrive à la convaincre de l’accompagner à une fête. Alors qu’il rentre tranquillement, une amie de l’antiquaire se fait attaquer par un loup. Larry le tue mais se fait mordre. Commence alors pour lui un véritable calvaire et nait un drame shakespearien. Car finalement, Le Loup-Garou n’est ni plus ni moins qu’une histoire d’amour qui tourne mal et d’une malédiction trop lourde à porter. Sorte de pièce de théâtre filmée dans différents décors, ce joue la carte de l’horreur comme celle du drame.

Pour l’horreur, on parlera plus volontiers d’épouvante. En effet, le film va utiliser des effets du cinéma gothique, comme la brume, la forêt lugubre pour instaurer une ambiance oppressante et insécuritaire. Cela est assez efficace même si aujourd’hui on sent que tout cela sent le carton-pâte. Mais le film ne s’arrête pas à une ambiance, puisqu’il va proposer une tension qui monte crescendo. On aura de jolis moments fantastiques, comme lorsque le gitan lit dans la main de l’amie de l’antiquaire et qu’il y voit une étoile, ou encore lorsque notre héros découvre son étoile sur le corps. Ces moments renforcent l’atmosphère rendant le tout assez angoissant. Bien sûr, il ne faudra pas compter sur les effets gores, mais sur de la suggestion et cela a son charme.

Pour le drame, on va voir cela sur plusieurs niveaux. Le premier niveau est bien entendu la prise de connaissance de la mort du frère aîné dans un accident. C’est seulement évoqué dans le film, mais on sent que c’est un lourd fardeau à porter pour le père ainsi que pour le frère et que dans les apparences, ils ne montrent rien. Le deuxième niveau dramatique provient de l’histoire d’amour impossible entre les deux personnages principaux. C’est totalement novateur dans un film d’horreur de l’époque, et cet amour impossible va connaître un destin funeste, proche de l’univers d’un certain Shakespeare. Enfin, le troisième niveau de drame est bien entendu lorsque le héros découvre ce qu’il est et qu’il est incapable de se maîtriser. La fin est totalement dramatique pour un final troublant et dur.

Le métrage se révèle être très moderne dans certains choix. On peut citer par exemple la recherche à tout prix d’une raison valable à la lycanthropie. Entre la double personnalité ou les moments de grand stress, tout prête à croire que le Loup-Garou n’existe que dans la tête du pauvre Larry. C’est assez intéressant, sorte de transfuge de Dr Jekyll et M. Hyde de Stevenson et terriblement contemporain. Au niveau des acteurs, c’est du tout bon aussi, Lon Chaney Jr. assurant dans le rôle-titre, jouant un personnage très sympathique et que l’on ne veut pas voir mourir. On retrouvera Claude Rains (L’Homme Invisble, Le Fantôme de l’Opéra) dans le rôle du père et c’est surement son meilleur rôle. On aura aussi Bela Lugosi (Dracula) qui était pressenti au départ pour jouer le loup-garou mais qui fera finalement le gitan à l’origine de la malédiction et il est très bon.

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Fils, t’es dans la merde.

Au final, Le Loup-Garou est un formidable film qui ne traine pas en longueur et qui donne dans le drame et l’horreur. Un film d’une grande beauté et qui est doté d’une superbe mise en scène quoiqu’un poil trop théâtrale. Néanmoins, les acteurs sont formidables et malgré sa faible durée (1h10 à peine) le film arrive à raconter quelque chose qui tient la route et qui propulse le loup-garou dans le panthéon des créatures horrifiques.

Note : 17/20

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Par AqME

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