Petites Cervelles

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Auteur : Bob Fingerman

Editeur : Les Humanoïdes Associés

Genre : Humour/Horreur

Résumé :

Récré, goûter, copains… La vie est si simple à l’école. Le pire qui puisse arriver : des légumes à la cantine. Du moins, jusqu’à ce qu’un virus transforme les profs en zombies. Malheur à qui se retrouve enfermé en classe, armé de ciseaux à bout rond.

Avis :

Le zombie, tout comme les autres créatures fantastiques, ont traversé les genres et les lieux. Entre la comédie, le drame, l’horreur pure ou encore le fantastique, le zombie fait les beaux jours des producteurs avec des amateurs de bis comme de Z. On retrouve aussi le zombie dans des lieux différents comme à la montagne, dans un supermarché ou encore dans des HLM. Mais le plus surprenant reste que le zombie fascine quel que soit le pays. Entre le scandinave, l’africain ou encore l’asiatique, le zombie fait partie de toutes les cultures et devient presque un étendard de paix internationale. Petites Cervelles n’a rien de surprenant au sens où il reprend tous les poncifs du genre, sans apporter de vraie nouveauté. Mais il faut avouer de mettre des zombies face à des gosses de primaire et voir la façon dont ils essayent de s’en sortir, c’est plutôt fendard et bon enfant.

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L’histoire est toute simple. Dans un établissement scolaire qui fait maternelle, élémentaire et collège, un prof de sciences avec deux élèves essayent de réanimer un rat. Après plusieurs manipulations, une forte odeur se dégage dans l’établissement scolaire. C’est alors que les profs et les élèves les plus âgés deviennent des zombies. Les plus jeunes vont devoir se sortir de ce merdier avant d’être grignotés. Rien de bien neuf, si ce n’est la population face à au danger. En effet, plutôt que de mettre les sempiternels adultes avec les salauds, les peureux ou encore les têtes dures, Bob Fingerman essaye de mettre en avant de jeunes enfants qui ont entre 8 et 10 ans face à une horde affamée. Il en résulte quelque chose d’assez frais même si on voit que l’auteur ne s’est pas trop foulé.

La première qui frappe dans cet album, ce sont les dessins. Sans être mirobolant, ils sont assez ronds, avec des proportions à revoir. Par exemple, on a toujours l’impression que tout le monde est petit, gras ou alors sale. En ce sens, on pourrait presque comparer les graphismes de Bob Fingerman avec ceux des cartes Les Crados. Néanmoins, malgré l’innocence toute relative du dessin, on aura du gore à tire larigot. En effet, le dessinateur n’hésite pas à montrer des tripes et des boyaux, à noyer ses protagonistes, pourtant si mignons, sous des flots de sang et on ressent vraiment une nette différence entre la volonté de faire un dessin tout en rondeur et un univers sale et gore. D’ailleurs, hormis la bande de héros, tous les autres protagonistes ont des défauts, sont moches ou alors très cons.

On retrouvera tous les poncifs du genre mais en mode petit enfant. Il y a le gros dur, l’efféminé, le malin de la bande, la jolie jeune fille, le meilleur ami, bref, on a l’impression de suivre un film de zombie mais en ode minikeum. Pour pallier à cette faiblesse scénaristique, l’auteur trouve quelques idées éparses pour nourrir son récit. On trouvera alors une cause inédite pour l’infection, qui justifie finalement le lieu de l’invasion, mais on aura surtout des moments cocasses et assez drôles. A titre d’exemple, il y a beaucoup d’allusions au sexe, mais le héros ne les comprend pas forcément, étant un jeune enfant. Certains moments sont assez immoraux, comme lorsque l’un des pré-ados commence à bander devant les autres gosses et qu’il appelle ça avoir la gaule. C’est irrévérencieux, mais ça passe facilement dans le récit car les réflexions qu’il y a derrière sont innocentes et reflètent bien l’état d’esprit d’un enfant. On sera seulement déçus par la fin assez bâclée, et un heureux hasard qui procure des armes aux enfants. Néanmoins, cette fin reste ouverte, laissant le champ libre pour un éventuel deuxième tome se déroulant cette fois-ci dans la ville.

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Au final, Petites Cervelles n’est pas une révolution dans le monde du mort-vivant, loin de là, mais il constitue une histoire légère, gore et qui a le mérite de rester proche des réflexions que pourrait se faire un jeune enfant. Mélangeant un dessin à la fois enfantin et sale, Bob Fingerman livre un premier tome satisfaisant et qui se lit tout seul.

Note : 14/20

Par AqME

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