mars 7, 2021

Solitaire

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Titre Original: Rogue

De : Greg McLean

Avec Michael Vartan, Radha Mitchell, Sam Worthington

Année: 2007

Pays : Australie

Genre : Horreur

Résumé:

Australie. Le reporter cynique américain Pete McKell rejoint un groupe disparate de touristes pour une splendide croisière sur les eaux sauvages du Kadaku National Park. Mais à la suite d’un étrange accident, leur embarcation fait naufrage. Alors que le groupe attend en vain d’être secouru, un crocodile géant mangeur d’hommes apparaît à la surface de l’eau…

Avis :

Les reptiles ont toujours fasciné les amateurs de sensations fortes et donc indirectement les scénaristes de film d’horreur. Il faut dire que ces animaux au sang-froid possèdent des qualités peu communes, comme de grosses dents pointues, des gueules énormes, parfois un venin mortel, et un déplacement proche de la reptation qui interroge et parfois dégoute. Mais quand en plus, certains pays regorgent de ces bestioles peu sympathiques, il est tout à fait logique de voir les réalisateurs de ces pays inspirés par des faits divers, mettre en image des animaux dangereux. L’Australie a l’avantage d’avoir des serpents venimeux, mais aussi des crocodiles de grandes tailles, comme c’est le cas dans le film qui nous préoccupe en ce moment. Solitaire est le deuxième film du réalisateur australien Greg McLean, après un Wolf Creek percutant et effrayant. Seulement le film est-il aussi réussi que Wolf Creek ? S’attaquant au genre animalier, McLean s’essaye à un nouveau thème dans le cinéma de genre et il le fait avec une certaine réussite. Plongeons dans les eaux sombres australiennes et confrontons-nous à un vilain croco.

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NON ! Ma mise en plis !!!

Très souvent, quand on regarde un film d’horreur animalier, on connait d’avance le scénario, mettant en avant une grosse bestiole et un groupe de personnes tentant de survivre, voire de tuer la vilaine bête. Quand on pense à tous les nanars que nous proposent les boîtes comme Asylum ou Syfy, on a tendance à se dire que le genre est presque mort. Greg McLean s’inspire d’un fait réel qui s’est déroulé dans les années 70 pour faire Solitaire, ou Eaux Troubles, ou encore Rogue pour les puristes (pourquoi autant de titres bordel !) et propose un film classique, certes, mais efficace, avec des passages bien angoissants et surtout proposant une angoisse de tous les instants. En gros, on va suivre un critique pour les lieux de vacances qui décide de voir les crocodiles dans un bled paumé en Australie. Il monte alors dans un bateau avec quelques touristes et entreprend une jolie visite. Tout se passe bien jusqu’au moment où une fusée éclairante brille dans le ciel et que le groupe décide d’aller aider les gens dans le besoin. Arrivé sur les lieux, un bateau est renversé et un crocodile gigantesque attaque le groupe. La guide décide alors de foncer pour échapper à l’animal, mais elle échoue sur un îlot qui ne va pas tarder à être submergé par la marée. Jusque-là, l’histoire reste classique, mais McLean, en réalisateur intelligent, sait mettre en avant les choses qui prennent aux tripes.

Et pour susciter un intérêt dans un film qui semble trop conventionnel, il va essayer en quelques minutes de brosser des portraits de personnages attachants ou détestables et de les confronter à des décisions vitales. Si cela peut sembler commun à bien des films d’horreur, McLean arrive à susciter de l’empathie pour des personnages que l’on ne voit pas beaucoup. Ainsi, nous avons la petite famille, avec le père hyper protecteur et la mère malade, le célibataire égoïste, le mari qui vient jeter discrètement les cendres de sa femme dans les eaux, la grosse dame sympathique, bref un panel de gens communs, mais dont les raisons du voyage divergent et qui attirent l’œil du spectateur. D’autant plus que les acteurs incarnant tous ces personnages sont bons. En tête, je pense à Michael Vartan, excellent en critique acerbe pour devenir le héros le beau gosse, ou encore Radha Mitchell, toujours aussi excellente et charmante dans son rôle de guide, et qui veut à tout prix endosser la responsabilité du groupe. Enfin, on peut voir Sam Worthington, avant qu’il ne devienne « bankable », dans un rôle de bandit au grand cœur qu’il joue à merveille. Ce trio-là est vraiment très intéressant et montre l’exemple aux autres acteurs qui nous font vraiment ressentir l’urgence et le danger de la situation.

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Ah les crocrocro, les crocrocro, les crocodiles, sur les bords du Nil, ils sont partis n’en parlons plus !

Mais en plus des acteurs qui sont excellents, McLean va jouer avec nos nerfs en proposant une ambiance qui dérive très lentement, mais surement vers une horreur indicible. Terre accueillante et sacrée, l’environnement ambiant semble apaisant et agréable au début. Mais à partir de l’attaque du crocodile jusqu’à la fin du film, on ressentira une tension palpable et le film ne lâchera jamais cette tension. Jouant avec les éléments comme l’eau et la forêt, mais jouant aussi avec les capacités de l’animal, le réalisateur va montrer que l’on peut susciter une peur viscéral dans un lieu idyllique, et que la nuit, tous les endroits, aussi beaux soient-ils, peuvent être dangereux. L’atmosphère poisseuse et suffocante de la jungle australienne est très bien rendue, et on ressent rapidement l’urgence de la situation lorsque l’eau commence à monter. Les interactions entre les personnages sont bien amenées et les recherches d’idées, comme les moyens d’apaisement sont tous réalistes. Enfin, la présence du crocodile est palpable, même lorsqu’il est absent, ajoutant une tension supplémentaire et une raison de ne pas se jeter à l’eau. McLean se montre très intelligent dans son fonctionnement avec la bête, optimisant sa présence par son absence, et renforçant ainsi une angoisse déjà bien présente.

Enfin, et en plus des qualités déjà évoquées, le film va proposer des attaques super nerveuses et surtout très étonnantes. Ainsi, la première victime disparait prématurément quand tout le monde a le dos tourné, mais la deuxième se fait littéralement croquer, puis éjecter dans l’eau dans une figure artistique que même les juges de plongeon auraient apprécié. Les passages gores ne sont pas nombreux, et résultent bien souvent des restes de repas de ce cher crocodile gigantesque. Tout cela reste bien fichu et bien sale, notamment quand on visite l’antre de la bestiole. Les effets spéciaux sont relativement bien faits, et j’ai même été surpris par les images numériques et les incrustations qui demeurent vraiment très bien. Les passages en animatronic sont bien fichus aussi, ne révélant qu’une partie du crocodile. McLean se révèle être un réalisateur très malin, proposant des plans assez savoureux, comme le regard fugace du crocodile avant de bouffer un type ou encore le passage sur le fil tendu, moment impressionnant de pression et de tension. La reste conventionnelle comme on le voit souvent dans ce genre de productions.

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Allo central ? Je crois qu’il y a un gros pervers qui me mate depuis un écran.

Au final, Solitaire (ou eaux troubles ou rogue, appelez ce film comme vous voulez) est un très bon film de crocodile mangeur d’hommes. Proposant une peur palpable, avec des passages fulgurants, McLean reprend des bases déjà existantes, mais il le fait avec brio. Les acteurs sont tous excellents et leurs personnages sont vraiment attachants. Mais le plus fort, c’est de sentir la présence du crocodile, du danger, même lorsqu’il peut être absent, du fait de son camouflage et de son agilité dans la flotte. Bref, un film animalier comme j’aimerais en voir plus souvent et qui redore le blason de ce genre.

Note : 16/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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