octobre 26, 2020

Philomena

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De : Stephen Frears

Avec Judi Dench, Steve Coogan, Sophie Kennedy Clark, Anna Maxwell Martin

Année : 2013

Pays: Angleterre, Français, Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

Irlande, 1952. Philomena Lee, encore adolescente, tombe enceinte. Rejetée par sa famille, elle est envoyée au couvent de Roscrea. En compensation des soins prodigués par les religieuses avant et pendant la naissance, elle travaille à la blanchisserie, et n’est autorisée à voir son fils, Anthony, qu’une heure par jour. À l’âge de trois ans, il lui est arraché pour être adopté par des Américains. Pendant des années, Philomena essaiera de le retrouver.
Quand, cinquante ans plus tard, elle rencontre Martin Sixmith, journaliste désabusé, elle lui raconte son histoire, et ce dernier la persuade de l’accompagner aux Etats-Unis à la recherche d’Anthony.

Avis :

Quand le grand réalisateur britannique Stephen Frears nous fait son « Magdaleine Sister« , ça donne « Philomena » une comédie dramatique très touchante avec une Judi Dench magnifique en mère courage qui part à la recherche d’un fils perdu il y a cinquante ans maintenant.

Philomena est une vielle dame aujourd’hui. Mère d’une fille, un soir, elle lui révèle son passé. Il y a cinquante ans, elle a donné naissance à un fils, Anthony. L’histoire d’un soir avec un homme, dans l’Irlande catholique, elle fut mise chez les bonnes sœurs et abandonnée par ses parents. La jeune femme va alors être séparée de son bébé et va mettre cinquante ans à accepter qu’elle n’a pas commis de faute, ni de péché. Elle décide de retrouver son fils avant qu’il ne soit trop tard. Aidée par un journaliste, Martin Sixmith, ils vont partir à la recherche d’Anthony, mais cette quête va être freinée par la religion, qui considère encore aujourd’hui que Philomena avait commis un grave péché et que ceci est sa punition.

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Après une petite pause aux Etats-Unis, pour son film « Lady Vegas – Les Mémoires d’une joueuse« , qui n’était pas une réussite, le talentueux Stephen Frears continue sa peinture des portraits féminins et revient dans le pays de sa majesté la Reine, pour nous raconter l’histoire de Philomena, une femme irlandaise séparée de son enfant par la bien-pensante Église. Adapté de l’histoire vraie de Philomena Lee, Stephen Frears livre ici un beau film, tendre et cruel sur une époque qui n’est pas si lointaine que ça.

Le sujet est fort et injuste, et le réalisateur va nous raconter cette histoire bouleversante sur un ton léger. Entre la comédie et le drame, Stephen Frears ne choisit pas et s’amuse à mélanger les deux genres dans ce film qui sera, en fin de compte, aussi amusant par moments que révoltant à d’autres. C’est dans une ambiance très britannique que le cinéaste nous présente Philomena impeccablement incarnée par Judi Dench, qui apparaît comme un beau livre ouvert. L’actrice nous transmet tout par son visage. Un visage dur et tendre aussi quand elle sourit, un regard abîmé par la vie qui va nous laisser apparaître toutes les émotions par lesquelles l’intrigue du scénario va la faire passer. Le scénario est juste, bien romancé, l’histoire de Philomena est prenante et on ne peut qu’être touché par son parcours. On notera quand même quelques longueurs en milieu de récit, un peu de flottement où l’on se demande bien où le film va nous emmener, mais Frears rattrape bien le tout.

Le film va alterner entre présent et passé au début. Avec ce procédé, le réalisateur nous invite à nous rapprocher de Philomena en nous montrant ce qu’elle a dû supporter pour expier ses péchés et l’injustice des bonnes sœurs.

Alors que le sujet du film est dur et que le réalisateur aurait facilement pu tomber dans le misérabilisme pour nous émouvoir, il n’en fera rien et c’est sur le ton de la comédie que le film va nous emporter pour mieux nous toucher quand il va retomber dans le drame. Le film dénonce cette affreuse époque où sous le bien-pensant religieux des jeunes femmes ont alors été injustement séparées de leurs enfants et laissées aux mains de bonnes sœurs afin d’être remises dans le droit chemin. L’injustice m’a révoltée, la façon dont le réalisateur a de nous raconter cette histoire est passionnante et c’est avec beaucoup de suspens qu’on va découvrir les horreurs de l’église qui continue à cacher ses méfaits.

Mais aussi, au-delà du drame humain, »Philomena » aura des allures de road trip amusant entre deux personnes venant de monde opposé qui vont apprendre à se connaitre, s’apprécier et finalement s’entraider pour avance tous les deux dans leur vie. C’est un aspect qui m’a beaucoup plu, car avec ceci, on reste malgré tout dans le domaine du divertissement et à plusieurs moments, on se retrouve à sourire devant les répliques d’une Judi Dench absolument adorable.

Le réalisateur a d’ailleurs très bien choisi ses comédiens et ce duo d’acteurs est aussi touchant que drôle à l’écran. Comme je l’ai déjà dit, Judi Dench est merveilleuse, je ne m’attarderais pas plus sur cette grande dame. Pour l’accompagner dans sa quête, on trouvera l’excellent Steve Coogan (qui est à l’origine du projet et qui a co-écrit le scénario) dans le rôle d’un journaliste déchu. Quelque peu cynique, au départ centré sur son article, j’ai beaucoup aimé comme il se rapproche du personnage de Philomena. Ça peut paraître un peu convenu, c’est vrai, mais ça faisait du bien en fin de compte. C’est avec une grande surprise que j’ai retrouvé Lady Stark (Michelle Fairley) dans le petit rôle d’un patron de presse. Sophie Kennedy Clark, qui joue Philomena jeune s’en sort bien et Anna Maxwell Martin, qui joue la fille de Philomena est tout aussi bien, mais un peu effacée, dommage, car l’actrice est très bien le temps où elle apparaît à l’écran.

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« Philomena » nous propose donc un beau film, engagé, qui dénonce les méfaits de l’église. Un film qui met en lumière, (comme Peter Mullan l’avait fait avec son « Magdaleine Sister« ) des femmes et des histoires qu’il ne faut pas oublier. J’avoue m’être un peu énervé devant ce film, et même s’il est un peu classique, « Philomena » est un très beau film, qui nous raconte une belle et horrible histoire. C’est un film qui m’a touché et que j’ai beaucoup aimé. Encore un bon cru de la part du réalisateur qui remonte bien la pente après l’oubliable « Lady Vegas« …

Note : 16/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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