mars 5, 2021

Sherlock Holmes 2 Jeu d’Ombres

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Titre Original: Sherlock Holmes: A Game of Shadows

De : Guy Ritchie

Avec Robert Downey Jr, Jude Law, Noomi Rapace

Année : 2011

Pays : Etats-Unis

Genre : Action/Aventure

Résumé :

Sherlock Holmes a toujours été réputé pour être l’homme à l’esprit le plus affûté de son époque. Jusqu’au jour où le redoutable professeur James Moriarty, criminel d’une puissance intellectuelle comparable à celle du célèbre détective, fait son entrée en scène… Il a même sans doute un net avantage sur Holmes car il met non seulement son intelligence au service de noirs desseins, mais il est totalement dépourvu de sens moral. Partout dans le monde, la presse s’enflamme : on apprend ainsi qu’en Inde un magnat du coton est ruiné par un scandale, ou qu’en Chine un trafiquant d’opium est décédé, en apparence, d’une overdose, ou encore que des attentats se sont produits à Strasbourg et à Vienne et qu’aux Etats-Unis, un baron de l’acier vient de mourir…
Personne ne voit le lien entre ces événements qui semblent sans rapport, hormis le grand Sherlock Holmes qui y discerne la même volonté maléfique de semer la mort et la destruction. Et ces crimes portent tous la marque du sinistre Moriarty. Tandis que leur enquête les mène en France, en Allemagne et en Suisse, Holmes et Watson prennent de plus en plus de risques. Mais Moriarty a systématiquement un coup d’avance et semble tout près d’atteindre son objectif. S’il y parvient, non seulement sa fortune et son pouvoir seront sans limite, mais le cours de l’Histoire pourrait bien en être changé à jamais…

Avis :

Quand on s’attaque à une icône de la littérature anglaise du XIXème siècle, il faut avoir un sacré courage et surtout une certaine audace pour remettre au gout du jour un héros qui n’a pas souffert des affres du temps. Sherlock Holmes est né de la plume de Sir Arthur Conan Doyle en 1887 et ce héros fait l’objet de quatre romans et 56 nouvelles. Ce qui a fait le charme de ce personnage, c’est véritablement sa personnalité, son excentricité et son ambiguïté. En effet, Holmes est un érudit, mais seulement dans certains domaines, et il possède des démons comme la cocaïne. Le personnage marque les esprits par son unique amitié avec le docteur Watson qui est son biographe. Bref, Doyle avait construit toute un background autour de lui et il faut dire que tout cela marche à merveille. Quand le premier film de Guy Ritchie est sorti, beaucoup de personnes ont crié au scandale sans l’avoir vu. Or, il s’agissait d’un très bon divertissement, qui collait assez bien au héros. Victime de son succès, un second oups voit le jour début 2012 et, autant l’avouer tout de suite, je l’ai trouvé moins bon que le précédent. Mais pour quelles raisons ? Prêt pour une balade dans le vieux Londres ?

Alors que le premier film mettait en avant un grand méchant et une enquête rondement menée, le second film prend une direction différente. En effet, le réalisateur a voulu mettre en avant le plus grand ennemi de Holmes, c’est-à-dire le professeur Moriarty, vil personnage qui ne souhaite que la guerre pour s’enrichir sur l’armement. Le film débute avec une série d’attentats et de meurtres plus ou moins déguisés. On retrouve Holmes dans une situation embarrassante, à fureter une jeune dame qui doit remettre un colis. Sauf que le colis est une bombe. Par la suite, on va suivre le docteur Watson qui va voir son ami pour lui dire qu’il se marie et qu’il faut faire son enterrement de vie de garçon. Dans le laboratoire, Watson découvre que Holmes est sur une enquête portant sur les attentats et sur un seul homme, Moriarty, mais qu’il n’arrive pas à trouver quelque chose de tangible pour l’arrêter. Bien entendu, les deux hommes vont collaborer pour essayer de compromettre le méchant bonhomme. Si le film n’a rien de neuf, il faut avouer qu’il mise sur une histoire plus complexe que dans le premier opus. Les raisons de Moriarty sont assez obscures, les raisonnements de Holmes sont moins pertinents car tout cela devient plus politique voir géopolitique. Alors ce n’est pas un mal, mais le film se retrouve beaucoup moins percutant, et un poil moins intéressant à suivre. D’autant plus que certaines scènes sont vraiment bizarres, comme l’attaque dans le train et semblent n’être présentes que pour combler un certain vide. Alors certes, ça défouraille à tout va, c’est assez drôle et impressionnant, mais cela ne sert pas vraiment l’intrigue ni le film. D’autant plus que j’ai trouvé que l’ambiance générale n’était plus trop à la hauteur. En effet, Holmes devient presque une sorte de surhomme ninja doté d’un pouvoir de clairvoyance et Watson n’est qu’un faire-valoir qui n’apporte pas grand-chose et la gitane n’est là que pour redonner raison à son frère qui semble avoir disparu. A force de vouloir faire dans la surenchère pour nous sortir un blockbuster bien américain, Guy Ritchie s’est vraiment fourvoyé dans un film, certes sympathique et divertissant, mais qui a perdu l’essence même du héros littéraire.

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Plus besoin de mettre des vannes sous les images, ça le fait tout seul… J’vais devoir pointer au chômage…

Le gros point fort du film, c’est résolument Robert Downey Jr. Il faut dire qu’il est habité par le personnage et que cela lui va comme un gant. Dandy débraillé et négligé, il incarne à la perfection le misogyne égoïste qu’est Sherlock Holmes à la base. Complètement en roue libre sur certains passages, comme dans le train avec son déguisement de bonne femme, il fait sourire mais émeut aussi, notamment lors de la terrible fin. A ses côtés, on retrouve Jude Law, qui avait déjà incarné Watson lors du précédent film. Si auparavant il m’avait convaincu dans ce rôle, et ce n’était pas gagné d’avance, il m’a semblé bien mal exploité dans ce métrage. Moins percutant, le duo fonctionne moins bien, non pas à cause de l’acteur, mais à cause du rôle de son personnage qui a beaucoup moins d’importance dans cette suite. C’est d’autant plus dommage que c’est le seul personnage à avoir une vie sociale et sentimentale et que cela aurait pu avoir une certaine influence sur le déroulement du scénario. Du coup, les répliques fusent moins, et on sent une volonté de mettre un peu plus d’ombres dans l’histoire. C’est bien d’avoir de la volonté, mais encore faut-il avoir un certain talent, et Guy Ritchie s’est contenté du minimum dans ce métrage. Noomi Rapace est la nouvelle venue dans ce film et elle tient bien son rôle malgré là aussi la faible participation de son personnage. Si la scène dans le bar est assez cocasse et bien foutu, elle n’a pas une très grande importance malgré son bon jeu. Enfin, il faut bien parler du méchant, et c’est là que le bât blesse. Pas assez charismatique, trop classique, presque trop gentil, l’acteur jouant Moriarty n’a pas la carrure nécessaire pour faire le grand ennemi du plus célèbre des détectives. On parlera aussi de l’apparition éclair de Rachel McAdams ou encore de Mycroft Holmes qui demeure très drôle. Enfin, le résultat reste le même puisque j’ai ressenti une interaction entre les personnages beaucoup moins percutantes que lors du précédent opus. Au niveau des effets spéciaux, par contre, c’est du tout bon et la scène dans les bois est juste sublime, avec de très beaux effets de caméra, des ralentis qui donnent un certain style et on ressent là une certaine fulgurance de la part du réalisateur, mais c’est bien maigre face à la déception du scénario. La fin se veut épique, mais elle n’est que sympathique, donnant une certaine surprise, puis une bonne rigolade sur la toute fin.

Au final, Sherlock Holmes 2 Jeu d’Ombres reste une petite déception en comparaison du premier film. Moins savoureux, avec l’effet de surprise en moins, le film s’embourbe dans un scénario complexe sans y être et perd un peu de vue l’élément déclencheur de l’enquête, la symbiose entre Holmes et Watson et l’animosité entre Holmes et Moriarty. Il n’en demeure pas moins un bon divertissement aux décors sublimes et à l’action presque trop présente.

Note : 14/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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