octobre 26, 2020

Portrait d’une Enfant Déchue

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Titre Original : Puzzle of a Downfall Child

De: Jerry Schatzberg

Avec Faye Dunaway, Viveca Lindfors, Barry Primus, Barry Morse

Année: 1972

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

Ancienne célébrité de mannequinat, Lou Andreas Sand s’est isolée dans une maison au bord de l’océan où elle tente de vivre autrement, en se consacrant à la poésie et à la sculpture. Abîmée par la dépression et les excès, elle reçoit la visite de son ami photographe Aaron Reinhardt.
Il tente avec elle de faire le point sur sa vie.

Avis:

Premier film du célèbre réalisateur Jerry Schatzberg, « Portrait d’une enfant déchue » est un film que j’avais très envie de voir depuis bien longtemps. Alors, une fois (enfin) trouvé, je me suis jeté dessus et direction mon lecteur DVD et j’en ressors ravi.. J’ai passé un très bon moment de cinéma en compagnie d’une Faye Dunaway magnétique.

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Lou Andreas Sand est un ancien mannequin célèbre. Après la gloire, elle vit aujourd’hui seule dans une belle maison au bord de la mer. Un matin, elle reçoit son ami Aaron Reinhardt, photographe de mode, qui est venu pour enregistrer des confessions du mannequin, car il prépare un film sur elle.

Lou va alors se livrer sur sa vie, son ressenti, sa carrière, son succès et c’est avec pudeur et prétention qu’ensembles ils vont faire un point sur leur vie.

Sans être ce chef-d’œuvre que j’attendais, c’est quand même un très très bon film qui m’a fait passer un excellent moment plein de nostalgie. Œuvre assez singulière sur un milieu qu’il connait très bien, ce premier film est donc une très belle réussite que j’ai pris plaisir à découvrir.

La construction du film est très sympa (quoiqu’un peu aléatoire, j’ai trouvé), puisque c’est avec les confessions de la star, qu’on va revivre son passé. Le scénario, qui s’inspire d’ailleurs beaucoup de la vie du top-modèle Anne Saint-Marie, que le réalisateur connaissait bien, puisqu’il l’avait rencontré plusieurs fois et avait eu de longues entrevues avec elle, est captivant.

De ces confessions, Schatzberg nous invite à entrer dans l’intimité de cette personne. L’histoire nous raconte le début de sa carrière, la montée en flèche de la star que les photographes du monde entier vont s’arracher, puis cette désillusion qu’apporte ce métier éphémère, ce retrait, cet abandon.

Ce que j’ai beaucoup aimé dans ce film, c’est le portrait que le réalisateur va faire de ce mannequin et du milieu. Un portrait aussi attachant qu’agaçant à certains moments. Jerry Schatzberg nous livre un visage tout en nuance de son personnage, parfaitement incarné par l’immense Faye Dunaway qui trouve l’un des plus rôles dans lequel j’ai pu voir l’actrice. Rarement je l’ai vu aussi magnétique, aussi libre, séduisante, on sent qu’elle prend plaisir à incarner ce personnage et Schatzberg la filme divinement. Mais bon revenons au personnage. C’est donc un personnage fragile, sombre, plaisante, arrogante, qui a son caractère bien à elle, qui ne supporte pas ne pas être aimée, qui séduit tout le temps, mais qui est capable aussi d’inventer de sacrés mensonges pour arriver à ses fins et à cette « consécration » affective qu’elle cherche et qu’elle aime. C’est loin d’être un portrait lisse, et le réalisateur en a fait un personnage humain, complexe et en même temps simple.

Le film a le charme des années soixante-dix. Il est très plaisant à regarder, la lumière est belle, elle dégage quelque chose de très attachant en fin de compte. J’ai beaucoup aimé la composition des images. Le film est tout aussi esthétique que je l’avais rêvé surtout venant de la part d’un photographe de mode. J’ai adoré comment le réalisateur filme les séances photos par exemple, comment il nous fait entrer dans l’intimité de Lou, loin derrière les appareils photos, quand elle se retrouve seule dans son appartement avec elle-même. Schatzberg se laisse le temps de nous imprégner de chaque moment, bon ou pas pour son personnage. Des moments que j’ai trouvés encore plus sincères, avec les confessions derrière de Lou en « interview » avec son ami Aaron.

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Bien sûr quand on pense à ce film, on ne peut que penser à la belle Faye Dunaway qui est impeccable comme je le disais plus haut, mais il y a aussi d’autres acteurs tout aussi bons qu’elle comme, Barry Primus qui joue Aaron l’ami fidèle, même quand plus personne ne pense à elle, il est là pour elle. L’acteur est assez effacé dans son personnage, mais il est attachant au fur et à mesure que le film avance. Il y a aussi Viveca Lindfors que j’ai trouvé épatante en photographe un peu folle et hystérique. L’actrice est même géniale à plusieurs moments. Elle joue un personnage assez dur à cerner et elle en est d’autant plus captivante. Puis il y a Roy Scheider, un acteur que j’adore, et même s’il est bon dans le film, j’ai trouvé son personnage trop survolé. Non pas parce que j’adore l’acteur et qu’on le voit assez peu, non, c’est parce que son personnage est important quand la vie de Lou, mais le réalisateur ne lui offre pas la place qu’il aurait mérité.

Ce « Portrait d’une enfant déchue » est donc un très beau film. C’est un film simple, touchant et sincère. Un film qui est emmené avec grâce, légèreté et beauté par une Faye Dunaway incroyable. Pour un premier film, c’est une très belle réussite. C’est vraiment un film à découvrir et qui mérite sa renommée, même si j’en attendais quand même un peu plus, c’est vrai.

Note : 17/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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