octobre 27, 2021

Scream 4

Scream 4 New Poster

De : Wes Craven

Avec Neve Campbell, Courteney Cox, David Arquette

Année : 2011

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

10 ans se sont écoulés depuis les terribles meurtres commis par Ghostface. Sidney Prescott est parvenue à tourner la page mais c’est tout de même avec appréhension qu’elle retourne à Woodsboro pour le lancement de son premier roman.
Ses retrouvailles avec sa cousine Jill ainsi qu’avec le duo de choc Dewey et Gale seront de courtes durées : Ghostface est de retour mais cette fois-ci les règles vont changer.

Avis :

Il fut un temps où Wes Craven faisait de bons films d’horreur. En atteste des films comme l’emprise des ténèbres ou encore les griffes de la nuit. Seulement le bonhomme est aussi connu pour faire des merdes infâmes comme Cursed ou encore la créature du marais. Du coup, à chaque fois qu’un nouveau film portant son nom sort en salle ou en DVD, on est toujours méfiant. Le succès allant déclinant, notamment à cause d’un My Soul to take assez mal accueilli, il propose alors de repartir sur son succès des années 90 et de refaire un Scream 10 ans après la première trilogie. Manque d’inspiration ? Propos opportuniste pour faire du blé et relancer le slasher ? Je ne sais pas, mais quoi qu’il en soit, le papy des films d’horreur (il est de 1939 quand même !) fait de la résistance et propose une autre trilogie en prenant les même acteurs, mais en changeant quelques peu les règles, histoire de ne pas faire redondant. Alors qu’en est-il avec ce film ? Bon film ou bouse ? Coup marketing réussi ? Tentons une petite analyse rapide d’un slasher qui rappelle des souvenirs et un brin de nostalgie adolescente.

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Qu’est-ce qui veut papy Craven ? Qu’on se désape ! Vieux pervers !

Le premier Scream, sorti en 1996, a été surement le deuxième plus gros succès de Craven en matière de films d’horreur après les griffes de la nuit. Initiant un slasher d’un temps nouveau, assez nerveux, violent et avec un boogeyman au costume intéressant. Mais outre tous ces artifices, le réalisateur avait instauré le twist final, sorte de rebondissement inattendu qui révélait l’identité du tueur. Bien évidemment, on se sentait un peu con, car en général, il s’agissait de quelqu’un que l’on avait sous le nez mais dont on ne soupçonnait même pas la vraie nature. Rompu au genre, Craven va insister en proposant deux suites, beaucoup moins bonnes que le premier, et il va par la même occasion lasser les spectateurs. C’est alors que 10 ans plus tard sort Scream 4, proposant à la génération actuelle et aux nostalgique du premier de revivre une nouvelle aventure de Sydney et de Ghostface. Le scénario est très simple, Sydney Prescott, l’héroïne, a écrit un roman sur ce qu’il lui est arrivé auparavant, sa confrontation avec plusieurs tueurs. Bien évidemment, les évènements s’étant déroulés à Woodsboro, elle retourne là-bas pour faire une séance de dédicaces, mais les meurtres reprennent de plus belle, et Sydney ainsi que ses deux amis semblent être des cibles potentielles. Alors voilà, on reprend les mêmes et on recommence, tout en y insérant quelques nouveautés éparses. Franchement, il ne s’est pas foulé au niveau du scénario.

Tout le monde se souvient encore de la fameuse scène du téléphone, puis de la course poursuite dans le jardin se terminant par un meurtre sauvage au couteau. Mise à part cela, l’ambiance du film n’était pas particulièrement effrayante, et seule demeurait une sorte de psychose légère, mélange de paranoïa et de soupçon envers tous les personnages. Avec Scream 4, Wes Craven reste sur le même type d’ambiance, proposant une recherche accrue du méchant tueur au milieu des gentilles victimes. Mais ce qui est assez drôle, c’est que l’on se laisse prendre au jeu et que l’on reste encore surpris par la pirouette artistique du réalisateur et du scénariste. Seulement, on se dit tout de même que le tout reste assez léger et que même si on se fait gentiment embarquer, on reste sur notre faim. Voulant marquer son époque et insérer des éléments de modernité, Craven essaye aussi de faire l’apologie des méfaits des nouvelles technologies, ainsi que d’établir un listing impressionnant de films d’horreur dont tout amateur de films de genre se doit de connaître. L’évocation du film le voyeur ou encore de la longue liste des remakes, montre encore une fois que Craven connait son univers et que ce ne sont pas des petits jeunes qui vont lui apprendre ce qu’il doit faire. Seulement, malgré l’intelligence du propos et les différentes mises en abîme avec le jeu des caméra de surveillance ou des webcams, le réalisateur reste trop superficiel et ne rentre pas à fond dans son déni de la nouvelle technologie.

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Derrière toi Ripley !

On peut faire pas mal de reproches à Wes Craven sur ses films, mais bien souvent, c’est à cause d’une histoire bidon ou alors d’une direction artistique foireuse. Si les acteurs jouent mal dans un film d’horreur, on peut dire adieu à toutes nos sensations de frayeur. Mais dans ce Scream 4, on a à boire et à manger. Si le trio d’acteur toujours présent dans les Scream s’en sort bien et que les principaux jeunes sont sympathiques, il n’en est pas de même avec certains seconds couteaux dont l’insupportable libraire. Quand j’ai parlé de trio, j’aurai du dire duo, car Courteney Cox, dont l’âge se fit sentir de plus en plus, demeure elle aussi insupportable dans son rôle et dans sa manière de faire. Surjouant au possible, elle demeure la moins crédible du lot et sa piètre scène dans le foin est assez ratée. De son côté, Neve Campbell s’en sort correctement et parvient bien à jouer les victimes comme la tante protectrice et la femme qui a appris à se défendre et se battre. David Arquette a toujours le rôle de fanfaron, de raté, mais il le fait avec un certain brio et semble être le seul à ne pas subir les affres du temps. Du côté des jeunes acteurs, on retrouve Hayden Pannetière, la fille indestructible de la série Heroes, et elle est assez convaincante. Par contre, on applaudira les performances de Rory Culkin et Emma Roberts, personnages peu attachants mais étant finalement très importants. J’en oublie presque les guests stars qui font des apparitions au tout début et qui sont assez rigolotes, notamment avec Anna Paquin et Kristen Bell et qui sans être foncièrement utiles restent de jolis clins d’œil.

S’il y a des choses que l’on peut imputer au slasher, c’est l’absence de gore et de mettre en avant des attaques surprises et des meurtres un tantinet violents, ou inventifs. Le problème, c’est que dans les Scream, les meurtres ne se font qu’au couteau et que les crimes ne sont pas du tout originaux. Avec la mode actuelle, les jeunes veulent voir du gore, du sang, du bien dégueulasse et finalement Craven ne verse pas trop là-dedans, même s’il propose tout de même une scène qui ne sert à rien. Le coup où on a un plan fixe sur les intestins de la morte demeure surement le plan le plus inutile du métrage. Pour ce qui est des autres meurtres, on restera sur notre faim et ce n’est pas la scène finale qui changera la donne, malgré les fortes connaissances en horreurs filmiques des jeunes gens. Il est vrai que de ce côté-là, le film demeure très décevant, car les attaques sont prévisibles, peu inventives et manquent d’un certain peps pour enflammer le tout. La scène de l’attaque dans la grange avec Courteney Cox, même si elle est bien amenée et montre une mise en abîme maîtrisée, reste un peu ratée à cause d’un manque flagrant de prise de risque et d’une énergie dans les chaussettes.

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Ok c’est vrai que l’on a des gueules de con, mais attendez de voir avant de balancer des tomates.

Au final, Scream 4 est une demi-déception. Divertissant et regardable, il demeure néanmoins trop lisse et superficiel, ne proposant comme nouveauté qu’une sorte de tollé contre les nouvelles technologies et apporte la preuve que même si on s’y connait en film d’horreur, ce n’est pas cela qui nous sauvera la mise. Bref, un coup marketing réussi pour Craven puisqu’il relance une trilogie et j’espère sincèrement qu’il ne va pas tomber dans la facilité, comme cela avait été le cas dans les années 90 avec la première trilogie. Si la fin du 4 est assez sympathique, bien que par trop superficielle, démontrant les effets de mode et des médias sur notre société, j’espère que le papa de Freddy ne va pas tirer sur la corde et nous proposer comme Romero la même rengaine à chaque épisode. Affaire à suivre donc.

Note : 12/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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