décembre 5, 2020

Une Exécution Ordinaire

19215286.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

De : Marc Dugain

Avec André Dussollier, Marina Hands, Edouard Baer, Denis Podalydès

Année : 2009

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

L’automne 1952. Une jeune médecin urologue et magnétiseur qui pratique dans un hôpital de la banlieue de Moscou cherche désespérément à tomber enceinte de son mari, un physicien désabusé qui ne survit que grâce à l’amour qui le lie à sa femme. Cette dernière est à son grand effroi appelée secrètement à soigner Staline, malade, au seuil de la mort, et qui vient de se débarrasser de son médecin personnel. Le dictateur s’insinue dans le couple et installe avec la jeune femme une relation où se mêlent confidences et manipulation. Tour à tour amical et pervers, le monstre livre son art de la terreur comme on ne l’a jamais vu.

Avis :

« Une exécution ordinaire » est le premier film de Marc Dugain. À la vision de sa bande-annonce, j’étais très curieux de voir ce film. Il m’était passé sous le nez au cinéma, le film étant mal distribué.

19203139.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

L’automne 1952, Staline a installé la peur dans la Russie. Son régime oppresse le peuple.

Anna est une jeune médecin qui est très prisée dans son service. La jeune femme a un don. Elle est magnétiseuse et ses mains font des miracles, tellement qu’elles attisent la jalousie dans son service. Dans sa vie, Anna est heureuse, elle partage sa vie avec Vassili, l’homme de sa vie, dont elle est éperdument amoureuse.

Ce pouvoir finit par remonter aux oreilles des plus hautes sphères du pouvoir russe et un jour, elle est amenée par deux hommes de la police. Elle est présentée à Staline qui souffre de rhumatisme. Le dictateur lui demande son aide. Une demande que la jeune femme ne peut refuser. Entre elle et le chef d’état va alors s’installer une étrange relation. Une relation faite de confidences et de manipulations…

André Dussollier qui incarne Staline, voilà la première chose qui m’avait donné envie de voir le film, avant même de savoir de quoi ça pouvait parler. Un rôle pour cet immense acteur qui me fait rêver. Le film étant assez mal distribué, je n’ai pas eu le temps d’aller le voir au cinéma et je le regrette bien. Puis le temps a passé et le film est passé à la trappe, jusqu’à ce que je tombe sur le DVD. Je me suis donc empressé de voir le film et j’en ressors plutôt satisfait, même s’il reste moins bon que ce à quoi je m’attendais.

Marc Dugain a choisi de faire un film plutôt ambitieux pour un premier métrage et le résultat est surprenant et convaincant. « Une exécution ordinaire » est un peu comme un huis clos, mais sans l’être. Dès le début, le réalisateur nous met dans l’ambiance. Le film bénéficie d’une belle reconstitution, d’une jolie photographie qui baigne dans une ambiance particulière. L’intrigue nous présente ce personnage féminin de belle façon et elle nous présente aussi les dangers de ce « pouvoir ». L’atmosphère est tendue, mais pas étouffante. Il y a de vrais moments de bonheur, de romance avec le couple formé par Marina Hands et Edouard Baer. Le réalisateur nous les présente bien et de suite, il nous fait sentir cet amour passionné qui les habite. Il y a aussi un peu d’humour qui fait du bien, sans s’esclaffer, le film nous fait sourire à plusieurs moments, surtout avec le personnage du concierge de l’immeuble bien incarné par un Denis Podalydès génial.

Puis enfin, au bout d’une vingtaine de minutes, on entre dans le vif du sujet et le film devient encore plus intéressant avec ces têtes à têtes très bien rendus entre un Staline vieillissant et une jeune médecin coincée dans une situation qu’elle aurait aimé ne jamais connaitre. Marc Dugain instaure beaucoup tension et de mystère autour de ces conversations. Le film est presque malsain, Staline est manipulateur et l’on se demande comment elle va bien pourvoir s’en sortir. Quelques scènes m’ont mis assez mal à l’aise même. Il y a quelque chose de fort qui se dégage de ces consultations, c’est très accrocheur. La seule chose que j’ai à reprocher au film, c’est qu’il reste très classique. Et c’est dommage avec un sujet pareil, le film aurait mérité plus. Même s’il y a de la tension, il manque ce petit quelque chose pour que l’on soit complétement pris dedans, pour qu’on le vive. Quand j’ai découvert la bande-annonce, je m’attendais à un film plus sombre, plus dur aussi.

19203140.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Pour ce qui est du casting, Marc Dugain a très bien choisi ses acteurs. André Dussollier est fabuleux dans la peau de Staline. Un Staline qu’il incarne avec beaucoup de calme et de classe. L’acteur dégage beaucoup de présence, il parle peu, mais toujours pour apporter quelque chose. Ses discussions avec Marina Hands (très bien, alors que je ne suis pas spécialement fan de l’actrice) sont excellentes et font une très grosse partie du film. Edouard Baer est étonnant de simplicité. L’acteur qui change de registre est bon et démontre qu’il sait faire autre chose que d’amuser la galerie si on lui laisse l’occasion de faire autre chose. Enfin, pour un petit rôle, il faut noter la présence de Grégory Gadebois que je prends plaisir à découvrir. C’est un acteur pas spécialement connu, mais qui gagne à l’être, il est très bon.

Je suis donc très content de l’avoir vu ce petit film. Pour un premier film, c’est une jolie réussite. Ambitieux et bien tenu, Marc Dugain nous offre un bon film. Puis André Dussollier en Staline vaut le coup d’œil à lui tout seul, l’acteur m’a totalement comblé.

Note : 12/20

Image de prévisualisation YouTube

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.