octobre 27, 2020

Rec 3 Genesis

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De : Paco Plaza

Avec Leticia Dolera, Diego Martin, Ismael Martinez, Alex Monner

Année : 2012

Pays : Espagne

Genre : Horreur

Résumé :

C’est le plus beau jour de leur vie : Koldo et Clara se marient !
Entourés de leur famille et de tous leurs amis, ils célèbrent l’événement dans une somptueuse propriété à la campagne. Mais tandis que la soirée bat son plein, certains invités commencent à montrer les signes d’une étrange maladie.
En quelques instants, une terrifiante vague de violence s’abat sur la fête et le rêve vire au cauchemar…
Séparés au milieu de ce chaos, les mariés se lancent alors, au péril de leur vie, dans une quête désespérée pour se retrouver…

Avis :

Le territoire ibérique est devenu en très peu de temps le nouveau pays des films d’horreur. La faute, ou plutôt grâce à Jaume Balaguero et son compagnon de caméra Paco Plaza. En effet, en seulement deux ou trois films, les deux compères ont conquis le monde de la terreur et ont rejoint le panthéon des cinéastes à suivre de très près. En effet, après un Fragile de la part de Balaguero, qui montre un fantôme dans un hôpital pour enfants, avec une ambiance glaçante, le couple de réalisateurs va réaliser un film de found-footage avec des zombies dedans. C’est alors que Rec nait et avec lui toute une génération de film caméra à l’épaule où le réalisme côtoie la frayeur. Le succès est immédiat, les Etats-Unis en font des remakes (moisis) et bien entendu, des suites voient le jour. Rec 2 demeure bien moins saisissant que le premier, la faute à un effet de surprise en moins, mais il a au moins le mérite d’annoncer quelque chose de nouveau sur la fin. C’est alors que Paco Plaza se jette tout seul dans l’aventure pour faire Rec 3 Génesis, où l’on est sensé en apprendre un peu plus. Mais en aurons-nous pour notre argent ? Le film dépasse-t-il ses prédécesseurs ? Partons assister au pire mariage de tous les temps !

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Oui, tu as de quoi être inquiète poulette !

Les deux réalisateurs se sont mis d’accord pour réaliser un segment de la quadrilogie Rec chacun de leur côté. C’est donc Paco Plaza qui a ouvert le bal avec le troisième volet de Rec, où il décide de mettre en avant les débuts de la maladie et donc d’offrir une petite explication au public. Pour ceux qui ne le savent pas encore, le quatrième et dernier volet de Rec sera réalisé par Jaume Balaguero tout seul, avec une fin (normalement). Nous sommes donc envoyés en plein mariage, via la caméra du cousin du marié, et celle d’un professionnel qui filme toute la cérémonie. Nous assistons au bonheur de Koldo et Clara, puis à la fête grandiose qui est organisée. Nous voyons une jolie palette de personnage, entre un oncle farceur qui s’est fait mordre par un chien ou encore un des amis de Koldo qui veut se faire une française. Tout ce petit monde va vite devenir hystérique lorsque l’oncle en question tombe d’un balcon et commence à bouffer sa femme. La panique s’installe et le couple est séparé. On repasse alors en mode normal, et l’on va voir les deux itinéraires des mariés pour se retrouver et s’en sortir. Voilà le postulat de départ du film, qui sera par la suite une grosse déception, et cela pour plusieurs raisons. Déjà, au niveau du scénario, on reste dans quelque chose de classique, avec de la chair à canon et deux héros. Ensuite, le film reste très téléphoné et on n’aura aucune nouveauté par rapport au premier, si ce n’est le parti pris de faire quelque chose de plus conventionnel et donc sans caméra à l’épaule. Le plus gros problème viendra bien entendu de l’ambiance.

En effet, ce qui a fait le succès des deux premiers volets, c’est l’immersion totale et parfois vomitive dans l’action et dans la peur. Un immeuble lugubre, des habitants transformés en espèce de zombies voraces et véloces, mais aussi des pompiers et des policiers complètement dépassés par les évènements. Dans le troisième épisode, nous n’aurons pas d’immersion dans l’action, mais d’un autre côté, je préfère. Le début du film est filmé caméra à l’épaule pour ne pas trahir le fan de la première heure, mais on passe rapidement à un film plus conventionnel. Cela enlève de la crédibilité et cela est du à un scénario qui veut suivre deux voix bien distincte et une fin sordide. Néanmoins, le tout début est vraiment mal foutu, montrant des personnages, certes, mais cela donne vraiment la gerbe et la migraine, car tout bouge dans tous les sens et beaucoup trop vite. Mais le plus gros point noir dans tout ça, c’est la présence d’un humour potache, voir parodique qui ne sied pas du tout à la saga. Ainsi, on peut voir des passages où la mariée se prend pour Rambo avec une tronçonneuse, ou encore le marié se prend pour un chevalier de table ronde. Assumant ses choix, Paco Plaza en profite pour placer une musique ridicule qui dénaturalise tout le côté dramatique du métrage. C’est vraiment très décevant et la peur n’est pas au rendez-vous.

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McDo, venez comme vous êtes, va peut être falloir changer le slogan non ?

On se souvient encore de la magnifique prestance de Manuela Velasco qui joue la journaliste dans les deux premiers Rec. Bien évidemment, puisque les évènements se déroulent avant ceux de l’immeuble, elle est absente du film. Pour la remplacer, et mettre un atout charme dans le métrage, Paco Plaza nous propose Leticia Dolera, une jeune actrice assez charmante. Elle tient bien son rôle et demeure relativement convaincante, notamment sur la fin où elle reste assez bouleversante. Pour l’accompagner, nous avec droit à Diego Martin qui incarne Koldo, le mari aimant. Il reste résolument le maillon faible du film, mettant beaucoup trop d’humour dans son personnage et étant trop sur un registre comique. Le passage avec l’armure le prouve bien ou encore dans la cuisine où il frite son oncle avec un mixeur. C’est assez dommage parce qu’il possède une tête sympathique. Du côté masculin, on retiendra plus la prestation de Ismael Martinez, le meilleur ami du marié, qui campe un Dom Juan plutôt drôle mais assez convaincant et dont le destin est assez…coupant. Pour le reste, tout cela demeure assez fluctuant, entre l’oncle qui joue très bien la folie et le zombie affamé, ou alors la grand-mère qui est absolument caricatural et qui reste, heureusement que trente secondes à l’écran. Bref, tout cela sent l’ambiguïté et dessert le film, à force de vouloir faire un humour potache absent de la série jusqu’à présent.

Par contre, le film n’est pas avare en massacre en tout genre et d’effets gores bien sympathiques. S’appuyant sur un départ plutôt lent et posant les bases d’une débâcle apocalyptique, le film va vite devenir bien sale dans certains moments. Si les zombies, appelons les comme cela pour ne pas spoiler, aiment utiliser leurs dents pour dépecer leurs victimes, les survivants vont se faire plaisir en utilisant divers matériaux qui font faire mal. Par exemple, le passage où la mariée utilise une tronçonneuse est, à défaut d’être crédible, relativement gore, avec des têtes qui volent et des corps qui se retrouvent coupés en deux. On pourra aussi citer le passage avec Koldo qui enfonce un mixeur portable dans la bouche de son oncle, ou encore la fin, avec un magnifique arrachage de langue et une fusillade bien sale. Bref, Paco Plaza montre son talent pour les scènes un peu crades, mais malheureusement pas pour les passages qui font peur. Certains effets spéciaux restent très convaincants, comme le passage des miroirs avec le prêtre qui voit la vraie identité des infectés ou encore lorsque il faut couper un bras. La fin demeure la plus réussie, et on ne peut pas ne pas éprouver un petit pincement au cœur.

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Ben vous n’allez pas sourire longtemps…

Au final, Rec 3 Génesis est une déception pour tous les amateurs du premier et deuxième volet de la saga. Beaucoup moins spectaculaire, ne cherchant pas la peur et la tension, mais plutôt l’amusement, ce film se perd vers une narration hasardeuse et qui fait défaut à la saga. En regardant ce métrage, j’ai eu un peu l’impression de voir la voie qu’ont pris les Freddy, avec un humour noir et une baisse de qualité. En espérant que Balaguero relève le niveau avec Rec 4 Apocalypse.

Note : 11/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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