We Can’t Go Home Again

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De : Nicholas Ray

Avec Nicholas Ray, Richard Bock, Tom Farrell, Danny Fisher

Année: 1973

Pays: Etats-Unis

Genre: Expérimental

Résumé:

En 1972, à l’université Suny Binghamton, Nicholas Ray enseigne le cinéma à de jeunes étudiants en les incitant à faire un film sans scénario, mais inspiré de leurs histoires personnelles et recourant à diverses expérimentations.

Avis:

Le cinéma est souvent une affaire de goût. Et dans ce sens, toute critique est subjective et relève de la sensibilité de celui qui regarde et écrit. D’ailleurs, sauf à quelques rares exceptions, il est rare qu’un film fasse l’unanimité sauf si c’est un navet infâme ou encore un chef d’œuvre. Mais il y a autre chose qui rentre en ligne de cause, ce sont les domaines de sensibilité. Le cinéma s’axe autour de trois points névralgiques, la peur, le rire ou la tristesse, et forcément, le spectateur, suivant son humeur, sa sensibilité, sera plus ou moins touché par l’un de ces trois piliers. C’est pour cela que certaines personnes sont plus sensibles à la comédie ou au drame. Cependant, il y a autre chose dans le cinéma, de bien plus rare, c’est le cinéma expérimental. Sorte d’hybride qui ne raconte pas forcément quelque chose mais qui utilise les images pour fournir autre chose qu’un scénario, le cinéma expérimental tient autant du trip visuel (Enter the Void) que de l’hypnose dénonciatrice (Koyaanisqatsi). Seulement, certains films expérimentaux semblent plus ratés que d’autres et malheureusement, le film posthume de Nicholas Ray fait partie de ceux-là.

A scene from Nicholas Ray's WE CAN'T GO HOME AGAIN (1973/2011).

We Can’t Go Home Again est le dernier film de Nicholas Ray, film dans lequel il meurt d’ailleurs, tout du moins pur de faux. C’est assez difficile à décrire puisque le film ne raconte rien et ne dénonce pas grand-chose. Ce que l’on peut comprendre, c’est que l’on va suivre une bande de jeunes travaillant dans une université et faisant des études de cinéma et ils ont Nicholas Ray comme professeur. Le choix aurait pu être plus dégueulasse étant donné qu’il a quand même réalisé La Fureur de Vivre ou encore Johnny Guitar. A partir de là, il va demander aux élèves de faire un film sans scénario, sur leurs expériences personnelles et essayant divers procédés et matériels. Ce qui pourrait apparaître comme un trip mêlant élan artistique et brûlot sur la difficulté de percer dans le métier et de faire un film, on n’aura qu’une mauvaise expérience incompréhensible qui ne raconte rien et qui ne dénonce rien.

Le film débute sur des images d’archive, parlant politique et système de sécurité dans les beau pays de l’oncle Sam. A ce moment-là, on s’attend à un film dénonciateur, mais il n’en sera rien. L’image est affreuse, le film n’étant qu’un plan fixe par-dessus lequel, en plus petit, on a mis un écran noir avec plusieurs chevauchements de plans. Le regard ne peut embrasser toutes les scènes, on e perd un petit peu dans tout ce qui saute à l’écran et on aura un mal fou à suivre. Au moment où les élèves arrivent, les images se brouillent, les couleurs passent par-dessus l’image, rendant tout portrait impossible et on voit un changement de caméra assez insupportable. Tout cela sans rien raconter, superposant des images qui n’ont pas grand intérêt. Sur la forme, le film est franchement horrible et on n’aura qu’un court passage en plein écran et en clair qui ne sert pas à grand-chose.

Sur le fond, on a un peu la même sensation qu’avec la forme. A la fin du film, on aura tendance à encore chercher le véritable message du film. On est face à quelque chose qui devrais certainement critiquer le système cinématographique, ou tout du moins, la difficulté de monter un film sans argent. On pourra ressentir cela sur la fin du métrage, et même si elle n’a ni queue ni tête, on aura la sensation que Nicholas Ray a voulu montrer que le cinéma est une question de vie ou de mort et que l’on peut se perdre à vouloir aller au bout de ses projets. Seulement, la forme est tellement incongrue que le message a du mal à passer. Il est difficile aussi de voir de quelconques acteurs puisque ce sont vraiment les étudiants de l’école de cinéma. On pourra peut-être y déceler la rupture que laisse certains acteurs entre rôle et réalité, notamment lorsque l’on voit une étudiante prendre son rôle trop à cœur. Mais encore, le film ne racontant rien et n’étant pas joli à voir, on sera plutôt atterré par ce passage qui relève plus du grotesque que de l’art.

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Au final, We Can’t Go Home Again est une expérience relativement pénible et peu engageante. On pourra même dire que c’est une œuvre excluante qui ne sera appréciée que part quelques fans du réalisateur ou alors par des gens ayant un esprit très ouvert. Sans histoire, avec une mise en scène inexistante, essayant divers caméra et façon de filmer, on peut dire que le film joue avec nos yeux et nos nerfs et que visiblement, on peut vraiment passer à côté. Cela dit, quand on regarde la carrière de Nicholas Ray, le bonhomme n’avait plus grand-chose à démontrer tant sa filmographie est énorme.

Note : 03/20

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Par AqME

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