décembre 2, 2020

Indila – Mini World

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Avis :

Parmi les sous-genres des sous-genres des sous-genres, on peut trouver, au détour d’un disquaire (si, si, ça existe encore), un rayon qui se nomme World Music. Partant d’un principe honorable, celui de mettre toutes les styles de musique un peu bizarres, tribaux ou folkloriques de pays étrangers, ce sous-genre est devenu en quelques temps un fourre-tout absolument ignoble dans lequel les chanteurs d’origine étrangère s’engouffrent sans vergogne. Si l’artiste a le malheur de chanter quelques morceaux avec une instrumentalisation orientale ou si la chanteuse s’amuse à chanter en différentes langues, on met l’album dans de la World Music ou alors on dit que l’artiste est un artiste du monde. Indila provient de la nouvelle scène française. D’origine algérienne, elle se fait connaître grâce à différents featurings avec des rappeurs connus comme Youssoupha (les trémolos anglais dans son premier tube, c’est elle). Par la suite, Florent Pagny trouve qu’elle a quelque chose dans la voix et décide de la produire pour faire un premier album, qui sera Mini World. Ultra discrète, réservée, Indila ne brille pas par son éloquence sur les plateaux télé, mais le succès est bien présent, enchainant trois clips qui fonctionnent pour cet album. Mais ce succès est-il vraiment mérité ? Retour sur un nivellement vers le bas.

Le skeud commence par son plus gros succès, Dernière Danse. Le début n’est pas si dégueulasse, on retrouve un petit piano, un petit triangle et elle possède une jolie voix. Néanmoins, les paroles sont d’une bêtise lénifiante, se voulant poétique mais révélant une grande faiblesse dans l’écriture avec des rimes pauvres et une recherche évidente de faire des rimes. Mais le plus agaçant revient à cette facilité de s’autoflageller en disant qu’elle a subi toutes les offenses en étant en France. Le vieux discours raciste qui consiste à se victimiser tout en disant qu’elle pardonne et qu’elle a un grand cœur, c’est relativement vomitif. Au niveau du refrain, c’est une catastrophe puisque la jeune chanteuse part dans des aigus affreux et on a l’impression qu’elle chante faux, d’autant plus que les boîtes à rythme n’arrangent rien. C’est à ce moment précis que l’on se pose la question sur le succès populaire d’un titre. Les paroles sont connes, la musique semble dater du siècle dernier par contre, c’est rythmé, un peu comme un vieux titre house qu’aurait concocté un David Guetta sous thé à la menthe. On comprend clairement que le succès public ne tient pas du tout à la qualité technique mais juste à une formatage , une lobotomisation mise en scène par des rythmes redondants et faciles, disant bien à l’auditeur qu’il est con, qu’il faut qu’il se repose sans se prendre la tête en écoutant toujours et à jamais la même merdre commerciale qui ne se renouvelle pas depuis bientôt dix ans. La suite n’est guère reluisante avec Tourner dans le Vide, une histoire d’amour à deux balles où la chanteuse répète inlassablement les mêmes paroles sur fond de musique techno éreintée. Mais le pire reste à venir avec Love Story. Si le début est assez trompeur avec une boîte à musique toute mignonne, on va vite voir que la chanteuse ne se contente pas de faire dans la facilité, elle va aussi faire du plagiat. En effet, le morceau fait irrémédiablement penser à Hijo de la Luna du groupe Mecano, sauf qu’il est forcément moins bien, à cause d’une instrumentalisation à la ramasse voulant faire petite fille et de paroles lénifiantes. S.O.S continue dans la même lignée que le reste du skeud, c’est-à-dire dans un style déjà entendu des millions de fois mais avec en prime un refrain affreux à base de voix électroniques transformées du plus mauvais effet. Reste une légère guitare qui s’efface au profit d’une batterie assourdissante et de quelques ajouts pour faire plus mélancolique. Enfin, pour marquer la fin de la première moitié, Comme un Bateau montre que la chanteuse sait toujours faire des trémolos, se comparant à un bateau, le tout dans un style r’n’b français assumé et qui ne change pas de toutes ces chanteuses que l’on voit tout le temps et qui brille par leur absence.

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Alors attention, ce jugement se repose uniquement sur les qualités artistiques de la chanteuse et absolument pas sur les qualités humaines de la personne. On parle bien de l’album et de cette musique. Et il arrive un moment où il faut dire les choses et surtout quand on nous vend de la daube. Run Run, le nouveau tube de la chanteuse est un truc inaudible. Sérieusement, on recule dans les années 90 avec un rythme techno affreux et un franglais qui prête plus à sourire qu’autre chose. On se demande encore comment un artiste puisse croire à un titre comme celui-là parce que c’est une calamité ! C’est alors que surgit Ego et la colère est de mise. Si on aime un peu la pop musique, on connait les morceaux de Michael Jackson et le titre reprend à l’exactitude les claquements de main du morceau They Don’t Care About Us. Il est vrai que la chanteuse est une grande fan du king of pop, mais faire du plagiat est vraiment un manque de respect, surtout quand on voit la qualité du truc. Boîte en Argent est la ballade triste du skeud, avec son petit piano, la petite voix qui va bien et le titre passe relativement inaperçu. Pour contrebalancer l’ennui du titre précédent, on nous propose Tu ne m’Entends pas, morceau plus pêchu avec une guitare sèche qui effleure un rythme faussement reggae. Le problème, c’est plat, sans variations et l’ennui revient bien vite, surtout que les paroles sont vraiment mauvaises. Pour conclure le skeud, on aura droit à Mini World, qui renoue avec les premiers morceaux, essayant d’imposer un semblant d’univers avec une petite voix, des violons et un piano. Seulement, le titre ne décollera jamais, on aura droit à de onomatopées pour faire honneur au r’n’b sur la fin du titre. Bref, rien de bien marquant et c’est peut-être mieux ainsi.

Au final, Mini World, le premier album de Indila est une bouse infâme qui ne mérite absolument pas son succès. Alliant facilités et plagiats, le skeud ne réserve aucune surprise et pire que cela, enfonce l’auditeur dans un ennui mortel se voulant mélancolique et doux. Il se révèlera agaçant, pénible, long et rentrera dans la case des millions de skeud de r’n’b déjà entendu trop de fois. Une lobotomisation mercantile abjecte.

  1. Dernière Danse
  2. Tourner dans le Vide
  3. Love Story
  4. O.S
  5. Comme un Bateau
  6. Run Run
  7. Ego
  8. Boite en Argent
  9. Tu ne m’Entends Pas
  10. Mini World

Note : 01/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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